Le Messager

Un Messager du Souffle Suprême arriva sur la Terre pour y séjourner dans l’air du temps.

Par une brise légère, il s’échoua sur le rivage de l’enfance humaine innocente dans sa cruauté touchante. Les doux bambins tentèrent alors de l’attraper et de l’enfermer pour en faire un ballot dans leurs jeux de découverte du monde.

Échappant par la bouche de leurs fantaisies louches, il se réfugia chez les adolescents se languissant d’expériences interdites et d’identités empruntées. Allant vers du décors, et non vers la pleine source de leur origine, ils s’éloignaient de leur cellule où le sang perdait dès lors de son écarlate rayonnement. Le souffle court, le Messager dû refuser de se faire l’hôte de cette cellulose humaine ôtée de sa sève pure et vivifiante.

« Il n’y a pas d’Amour sans Feu », se dit-il et cherchant dans l’Amour ce qu’Il avait quitté en venant dans cette ère. Il fut embrasé par divers feux et manqua même d’oxygène. Bien malgré lui il se consumait à leur vue, voyant en leurs cœurs le siège de sa Béatitude, il dû se contenter hélas que de poumons rejetant un gaz artificiel car bionique voire narcotique. Ces feux de cœurs brulant à s’époumoner pour des valeurs fausses faites d’effluves stéréotypés ou modélisés, de brouillards givrant la spontanéité et la Providence, en fumées aveuglantes et éphémères.

N’y voyant plus rien de ce sens, le Messager ne put que craindre pour son Essence. Finir en encens dans une pratique culte ou dans un cocon « in » qui mélange universel et traditions « extradées » selon la force des bourses «d’immondialisation ». Le Souffle qui avait animé le néant jadis, s’expulsait des Palais chargé d’invectives ou des narines pour servir d’attention à l’esprit insatisfait de sa liberté de voyager et de fuir le conformisme.

De dépit, ne comprenant plus ce Monde où le Naturel était tant hors la loi, il supplia le Souffle Suprême de le ramener dans son immensité bienfaisante. Nul ne peut aspirer au Souffle si celui-ci ne s’est offert au Soupir divin. Mais voilà Dieu patiente encore et retient son Souffle avant l’extinction de la poudre du Temps.

Le Messager, dans la douleur mais l’acceptation humble de sa condition d’exilé inadapté aux murs de sa prison « temps-horaire », chercha l’isolement et la vie intérieure où résonnent les battements justes et bons d’un Amour offert librement. Il trouva alors une Calebasse près d’un lac « à Aimer ». Mais un jour que la jeune Hessivi se promenait près de ce lac, un être réel se fit messager d’une vie qui s’oublie sous le poids du besoin quotidien de réalisation hâtive et provisoire. Le récit qu’il lui fit invite ici les Hommes à reprendre conscience de leur nature profonde et originelle, de la Simplicité et de l’Abandon à un Amour qui nécessite ni force de sédition ni combat de séduction. La Vérité de l’Intuition et de l’Intention produisant un fruit reconnaissant pour la Graine mue puis sacrifiée