La Renaissance ou les remords, nous vaincrons!*

Le rêve panafricaniste de Kwamé Nkrumah enterré en 1963 à la conférence de l’Organisation de l’Unité Africaine à Addis Abeba, a refait surface avec acuité depuis l’effacement de la génération des leaders de l’indépendance et l’aggravation de la situation économique de l’Afrique appelant à un renouveau impératif et salutaire par les générations conscientes.

Le renouveau de l’Afrique sera accompli si, comme le dit Cheikh Anta Diop, nous faisons l’effort d’aller nous-même à la recherche de notre vraie histoire et, Selon Amadou Hampaté Ba, lorsque nous serons bien établis dans notre culture. Notre vision est que l’essor économique de l’Afrique passe par la valorisation et le recours de l’informel dans nos modèles socioéconomiques. Cela passe inexorablement par une révolution profonde dans les modèles économiques et stratégiques utilisés jusqu’à lors. Les effets visés étant la création d’un marché communautaire interne à l’Afrique qui comblerait les besoins de chaque région en priorité avant l’exportation et l’importation impliquant d’autre parties du monde. Ce temps de transition est nécessaire au renforcement des échanges du continent avant son retour à la compétition mondiale en tant que bloc économique performant. Cela impose de fait un changement d’Attitude pour revenir à notre Confiance des origines envers notre avenir et le rayonnement de notre Civilisation marquée par la diversité ethnique et les ressources abondantes qui nous confère Fierté et Richesse.

La Confiance est un sage mélange de Lâcher-prise et de Courage. Lâcher-prise par notre propension naturelle à maintenir notre relation privilégiée avec Le Dieu unique des origines. Courage par la Loi qui a toujours prévalue dans l’équilibre de nos âmes d’Hommes un temps avilie de façon permissive pour notre purification spirituelle au déclin de notre premier règne hégémonique sur la Terre. Ce renouveau ne peut être réalisé suffisamment par les élites au pouvoir, tant il apparait que leurs intérêts personnels sont liés à ceux des spoliateurs du continent. La responsabilité incombe de fait à la masse populaire des jeunes condamnés à un chômage certain et à l’inactivité humiliante source de pauvreté pour la communauté. Ils peuvent être aidés en cela par les satellites constituants les forces vives en exil par la création de ponts visant à multiplier opportunités et débouchés grâce à la proximité de l’interconnexion entre membres de la Diaspora. L’initiative entrepreneuriale qui est à son apogée dans notre contemporain peut accompagner efficacement ces jeunes par la dynamique suivante : La Diaspora renforce les capacités de ces jeunes et se jumèle à eux dans des entreprises informelles performantes dont la clientèle est dirigée en priorité vers le marché sous régional et africain selon les spécialisations de chaque structure, en marge du marché dans les Cités des pays dits développés. Cela implique une éducation et un engagement à la consommation interne de la part de la communauté d’une part et une meilleure sélection et utilisation des leviers d’investissement de la part des sympathisants de l’essor économique africain.

La résurgence actuelle du mouvement de renouveau est donc la suite inéluctable d’une histoire dont nous avons toujours été acteurs et dont les défis nous appartiennent légitimement. A nous de nous montrer digne d’y faire face par nos efforts et notre Confiance retrouvée et surtout par l’exorcisation de notre peur des remords et de la mort.

* Inspirée de la formule révolutionnaire de Thomas Sankara « La Patrie ou la mort, nous vaincrons! »