Le chaudron de noix de palme

Dans le creux d’un arbre de la forêt de Savè vivait une grande famille d’écureuils bruns peu doué en sport. Un jour, la Mère décida de préparer un plat pour redonner du tonus aux membres de sa famille. Elle alla au marché et ramena un régime de noix de palme qu’elle égrena et fit cuire pour en faire une sauce épaisse. Ayant finit l’étape de la première cuisson elle laissa le chaudron plein de noix et monta se reposer dans le tronc avant l’épuisant exercice de pilage des noix au mortier. Elle obtiendrait ainsi du jus et de l’huile pour sa sauce.

Pendant son sommeil, le Mari pris d’une fringale saisit quelques noix et s’en alla en se disant : « J’ai vu combien il y en avait, j’en ai pris qu’une partie, je pense aux autres, j’en laisse ». Puis vint l’Ainé qui puisa discrètement dans le chaudron en disant : « J’ai vu combien il y en avait, j’en ai pris qu’un peu, je pense aux autres, j’en laisse. » Ainsi de suite jusqu’au Dernier de la famille qui laissa une dernière noix dans le chaudron.

Quand la Mère se réveilla pour piler les noix, elle ne trouva qu’une seule noix dans le chaudron. Elle rassembla la famille et demanda qui avait pris les noix dans le chaudron. Les uns après les autres les coupables se justifièrent : « Quand j’ai vu, il y en avait assez. Je n’ai pris qu’un peu et j’ai pensé aux autres. J’en ai laissé. »

La mère poussa un grand soupir de découragement et leur demanda « Vous avez tous pensé aux autres mais il y a-t-il une personne qui a pensé à vous tous privé de sauce ce soir par vos actes isolés? » Là-dessus elle prit la dernière noix et conclut « Ce n’est pas parce que l’acte isolé est insignifiant pour la communauté que la conséquence sur celle-ci l’est aussi. »