Pour un retour à l’unité de la Umma

Dans la grande Tradition des religions, il est fréquent de rappeler la prophétie selon laquelle l’Islam deviendra la seule religion pratiquée sur la Terre à la fin des Temps. Bien que ceci soit vécu comme une menace pour la plupart des tenants des autres courants, il convient de préciser que parler d’Islam est avant tout une question de soumission à Dieu et de prosternation du Cœur de l’être du vicaire dans le contemporain des sollicitations du Monde. Par son message de Vérité, l’invitation est faite aux musulmans de tout bord et tout particulièrement ceux se réclamant du Saint Prophète (psl) (Al muhmidiiyn) d’être la référence pour enjoindre le convenable et interdire le blâmable.

De nos jours, force est de constater que cette mission de l’Islam, qui lui a valu son élection sur les autres religions, est fortement chahutée dans la perception des autres communautés. Cela peut être dû à l’action malsaine et extérieure de ceux dont le rôle est de s’opposer au plan divin mais aussi à l’oubli voire la négligence des membres de la nation islamique qui s’exposent ainsi, au processus d’involution qui mène in fine à la transgression (Dieu s’est porté garant).

Les hadiths nous montrent, à maintes reprises, à quel point le Saint Prophète (psl) se soucie de sa Umma ce dès l’engagement initial, dans sa mission terrestre et au jour du jugement. Il conviendrait alors, au minimum, de faire l’effort de prendre conscience et d’honorer en retour cette sollicitude envers nous par l’unité entre nous, les membres de cette communauté.

L’Islam peut être expérimentée généralement, par la conviction du Cœur (de l’être qui varie selon les époque) et/ou par la dévotion selon la loi prescrite. L’une est une connexion immanente et l’autre se fait par reconnaissance de la transcendance de Dieu. Ainsi, Cheikh Ibrahim Niass nous a rappelé, à juste titre, que le fondement de notre foi était dans l’acte de soumission, la Shahada (« Il n’y a de divinité à part Dieu et Mohamed est son prophète »), qui prend progressivement racine en nous par l’islam, l’imân et l’ihsân, à mesure que nous pratiquons avec sincérité notre culte. Il s’en suit que les attributs et effets sur notre comportement en découlent naturellement en faisant apparaitre de la noblesse dans le caractère, sans que l’on poursuive cet objet et que l’on soit porté à dévier dans l’étiquette.

Les sources de division au sein de la Umma sont nombreuses et ont grandi au fil du temps. On oppose les shiites aux sunnites, le soufisme aux wahabisme; les personnes pratiquant le Mawlid à ceux ne le faisant pas; Les nouveaux convertis aux musulmans de naissance; ceux consommant des produits illicites (alcool et/ou du porc) à ceux s’en préservant; ceux ayant une orientation et une pratique sexuelle dirigée vers ceux du même sexe qu’eux à ceux respectant la loi de procréation; ceux qui prient 5 fois et ceux qui ne prie pas; ceux qui parlent arabe et ceux qui ne comprennent pas ce qu’ils prononcent; etc. Il faut oser le dire tous ces dissonances sont souvent le fait du jugement porté sur l’autre et d’un manque de pardon. Pourtant le Seigneur de l’Islam est principalement invoqué, comme étant Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux (parmi Ses 99 attributs) ce qui devrait se refléter comme Signe de reconnaissance de la communauté à laquelle le Message a été révélé :

« Le jugement désunit et le pardon rassemble. »

Nulle utilité de se désolidariser outre mesure de l’image, manipulée ou non, qui est véhiculée par la Umma auprès de autres communautés. Être non arabe ou dit « modéré » ne met pas à l’abri du regard d’autrui qui pêche trop souvent par l’ignorance et l’égo. C’est précisément à ce moment qu’intervient la responsabilité voire le devoir du musulman de corriger pour faire reculer le faux et préserver la Vérité :

« Tous les musulmans sont égaux sauf dans la piété. »

Le Messie Issa ibn Maryam (psl) qui a non seulement accompli la loi divine révélé à Moïse et qui est le précurseur de l’Islam (en tant que prototype annonçant le Paraclet et archétype de sainteté issu d’Abraham (psl)) dans sa forme mystique et ascétique, a appelé à l’Amour pour le prochain et pour soi (en temple de Dieu). Ce Message culmine avec la Miséricorde promue par l’Esprit de Vérité, le Noble Coran. Ainsi donc, fonder un état islamique dans le cadre de l’accomplissement des prophéties eschatologiques (symboliques ou historiques) et de l’avènement du Sauveur des musulmans (l’Imam Mahdi (RA)) et du retour du Messie (psl), doit d’abord, simplement et fondamentalement concerner un état d’âme voire d’esprit et non la seule souveraineté territoriale. La plus grande communion des musulmans, pris dans l’universalité, doit se faire par le Cœur de l’être contemporain pour former une Nation spirituelle et être d’un secours, en serviteurs, au tableaux prophétiques vécus par les successifs élus suscités par Dieu en réponse à la prière des opprimés de la Terre.

« Un rêve même prophétique reste allégorique »