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Présentation

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Le village se meurt. Les cris et les chants ne rythment plus les nuits de clair de lune. Jeunes gens et jeunes filles ne s’égayent plus sur le sable fin des bords du lac Ahémé. Pauvreté et misère les jettent sur les routes des grandes villes, voire sur les mers et les océans où ils espèrent atteindre l’occident, leur eldorado. Les voix des vieillards s’éteignent, eux qui sont les dépositaires des histoires, légendes et autres traditions de nos villages. Du coup, les enfants sont privés des contes et devinettes, ces exercices de l’esprit qui leur permettent de puiser des leçons de sagesse pour leur conduite dans la vie.

Face à cette “descente aux enfers” de notre patrimoine culturel, un cri, jailli des profondeurs de “KANONGBO”, la Grande Calebasse, nous interpelle et nous invite à une nouvelle vision de la situation pour que ce patrimoine ne disparaisse définitivement, ou à tout le moins ne sombre pas dans l’oubli.

“ENTREZ”, nous dit la Grande Calebasse. Que découvrons-nous? L’auteur y évoque les heurs et malheurs de notre vie quotidienne: l’impossibilité d’un Amour et d’un Bonheur parfaits, la quête initiatique et le respect de la Tradition, dont regorgent nos contes, inépuisables sources d’inspiration, et cela, depuis la genèse de l’Univers…

Cependant, l’auteur du ” Cri de la Calebasse” ne reste pas indifférent aux conditions socio-économiques du monde moderne. Dans sa révolte, il jette un regard critique sur notre époque pour dénoncer les injustices sociales, le sort réservé aux immigrés, ces ballons flottants, ballottés au gré des vents, secourus in extremis par La Croix Rouge, ” Une terre pour l’immigré”; l’esclavage et la colonisation, la dépendance des pouvoirs publics africains vis à vis de leurs anciennes puissances colonisatrices, “Mon frère”. Il appelle la jeune génération à une nouvelle vision, pleine d’espoir, de la société africaine.

Prose et poésie brossent avec humour et gravité les conditions sociales des pauvres gens victimes du racisme originel fondé sur la couleur de la peau, et cela depuis la genèse de l’Univers par “D’Yeux” l’ETRE SUPREME, qui a fixé à tout jamais le destin de chaque peuple. ” Jugement premier” Le “Cri de la Calebasse” puise donc sa sève dans l’histoire de l’Afrique traditionnelle et du monde moderne.

Aussi, ASSOUKA exhorte-t-il le lecteur à une prise de conscience pour la valorisation et la sauvegarde de notre patrimoine culturel, de même qu’à une prise en charge de notre destin en tant qu’Africains, responsables du devenir de notre continent.

Le ” Cri de la Calebasse” s’inscrit dans cette nouvelle vision du monde et plus particulièrement de l’Afrique; ce livre est un “témoignage”, écrit l’auteur; il veut par ce moyen témoigner de son époque car, ” la place réservée aux contes dans notre vie moderne diminue de jour en jour”.

Il est donc temps qu’une action vigoureuse et dynamique s’engage dans cette perspective avant qu’il ne soit trop tard. Par la publication de ce premier ouvrage, ASSOUKA prend un pari ou plutôt s’engage dans un combat ” pour que les déracinés puissent construire leur identité autour d’une richesse universelle: Sagesse et Tradition”.

Il reste à souhaiter que d’autres jeunes écrivains s’engagent dans la même lutte afin que la situation faite à l’Afrique dans le concert des Nations devienne meilleure et comme l’écrit SARTRE: ” Parler, c’est agir… l’écrivain “engagé” sait que dévoiler c’est changer et qu’on ne peut dévoiler qu’en projetant de changer”*. J’appelle ce changement de tous mes vœux.

feu Noël Segla

* J P SARTRE, Qu’est-ce que la littérature? p 30

 

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