Reverrais-je un jour mes fils?

Ils sont partis les yeux et le cœur plein de rêves.
Cette terre inconnue qui serait le fruit de leurs espoirs.
Acquérir la connaissance, l’aisance et la reconnaissance
Laissant tout des us et coutumes, ils volèrent loin des fertiles plantes à Sion

L’accueil froid du geôlier se fit dans l’absence de la connexion aux Sentiments
Et voici ces valeurs chères à la chair que la chaire s’en va leur briser dans l’esprit
La raison arraisonne et prend le pas sur la poésie de la Tradition de jadis
La ration de biens devient la pitance dont l’élite souhaite à présent se satisfaire

Face au vide laissé par les fuyards de l’oppression et les hussards préservant leur confort
Les prédateurs multiplient les plans d’occupation, d’exploitation et de domination
La consommation des miettes par le peuple et l’enrichissement d’une minorité corrompue et repus semble être la norme
Le peuple cri, s’égosille et agonise tandis que le dirigeant pactise avec l’ennemi sous la peur de sa démission ou le poids de l’intrication historique

Je lance alors un appel à tous mes fils, ceux que j’ai vu partir au soir de l’hivernage
Ce qui n’ont plus la patience ni la force d’attendre la récolte ni le courage d’entendre les morts gémir la faim de vie
Moi la mère Afrique dont le lait vous a tous maintenu en vie et dont la Providence a écouté vos prières sur mon corps
Moi que Dieu a élu pour bercer l’Humanité soumise, aimante et croyante

Je t’appelle toi fils dont le sang qui coule dans tes vaines illusions de réussite n’est que l’affluent de celui de ton frère resté mourir dans la dignité et l’impuissance
Reprend le flambeau du combat pour l’affirmation de notre civilisation riche de sa diversité et l’évitement du nouvel holocauste d’innombrables jeunes servant les marchands de mort
Voici que le sablier du Temps a été retourné et le Monde et ses réalités se travestissent
Afin que voie le jour du retour à la source de l’Histoire où le Noir accompli en dieu était la main agissante et soumise de Dieu sur Terre.

« A nous le Combat, A Dieu la Victoire! »

Écrit en hommage à Grégory Ella Mintsa