S’engager dans la construction du continent par l’abandon des crimes rituels

Le monde mystique ou plus prosaïquement spirituel est marqué par des étapes de cheminement et développement menant à des stations où l’on bénéficie des fruits de sa progression. C’est comme un voyage ou chacun peut suivre une voie qui lui correspond et qui doit l’accomplir. Des écoles initiatiques toutes sensibilités confondues peuvent prendre le relais de l’appel reçu par l’individu et le guider à travers la recherche du sens de son existence. Ce type de quête a depuis la nuit des temps fait apparaitre des profils typiques, le plus souvent opposés : héros et antihéros. L’un recevant l’aval des dieux ou de Dieu pour sa sincérité et l’autre allant de tribulations en tribulations dans son refus d’accepter son sort de profane et simple transmetteur de la vie. La tradition orale et la littérature populaire regorgent de récits qui rappellent ces principes.

L’ère idéologique dans laquelle nous entrons à des moments que certains appellent communément « fin du monde » ouvre l’humanité sur de nouvelles réalités qui sont appelés à faire notre quotidien et celui des générations futures jusqu’au prochain terme. C’est l’occasion de voir certaines prophéties se réaliser dans le cadre du passage de témoin des mondes, civilisations et peuples. C’est une évolution naturelle qui permet à la vie de se perpétuer et de s’adapter à l’environnement de production (Gn 3.19). Que garder des héritages et pratiques ancestrales lorsqu’elles ne font plus partie de celles consacrées correspondant à la saison spirituelle du moment?

Plusieurs envoyés et élus ont par le passé rencontré l’opposition des populations qui étaient réticentes à abandonner des pratiques ancestrales dans lesquels elles trouvaient leur confort. C’est un classique mythique. La « nouveauté » perçue du Message des élus était bien souvent un rappel face à une dérive des cultes et rites au Dieu suprême. Ces exhortations étaient pour susciter l’évolution spirituelle (par révélation) du peuple auxquels ils étaient envoyés et auxquels ils appartenaient.

Le continent noir reste très attaché à son héritage culturel et spirituel véhiculé par l’oralité et qui fait son identité si particulière. La question qu’on peut se poser dans cette ère de changement est de savoir si l’Homme noir a toujours sa même place dans la répartition des rôles vicariaux de la divinité sur Terre. Faut t-il changer de paradigme sur les moyens de médiations qui nous ont lié à cette divinité et permis de traverser plusieurs formes de traumatismes exogènes?

Il serait grand temps de s’adapter à cette nouvelle évolution en acceptant entre autre de : transférer une partie de notre héritage oral sur des supports écrits mis à jours régulièrement (par exemple sur Internet comme dans le cas de l’encyclopédie Wikipedia) pour permettre aux futures générations d’être des connaissants traditionnels ou spirituels à défaut d’être des initiés. Les capacités de mémorisation aisées sont compromises, selon moi, par le flot d’information reçu chaque jour avec lesquels il faut travailler et l’hyper sensibilité du cerveau (au stress notamment). Aussi la proximité avec l’univers des cloitres n’est plus garanti.

Il serait grand temps de s’adapter à cette nouvelle évolution en acceptant aussi de : faire usage de notre maitrise de la force vitale en y associant plus de conscience en tenant notre accomplissement personnel du fruit des efforts réalistes. Et ce sans prendre des raccourcis de vie par insatisfaction ou envie illégitime. Cette Attitude de ceux qui résistent à l’effort d’accomplissement mène à pratiquer tout genre de sacrifices dont ceux impliquant l’humain. Ce commerce avec des entités spirituelles vivant dans d’autres dimensions plonge les gouvernants dans la célèbre position du « ni ingérence, ni indifférence » tant les intrications à divers niveaux sociaux sont importantes. Le crime rituel a la vie dure tant l’effet pernicieux de la fausse reconnaissance sociale entretien les racines du mal. Comment continuer à donner du crédit l’apparence matérielle sans le développement humain et ne pas entretenir la course vers ses attributs qui faussent l’appréciation du parcours de l’individu? Dénoncer ses crimes et exhorter à les abandonner commence par la correction du regard de la société sur ses modèles représentatifs et le retour à un système de valeur sain. Les membres de la communauté ne peuvent qu’exprimer leur exaspération à travers des mobilisations spontanées lorsque ses crimes sont découverts. Les victimes, quant à elles, grossissent le nombre des martyrs nécessaires à changer les esprits et dont le sang demande l’apaisement et l’action divine par les relais humains.

A quand un harmattan noir ou le nouveau sentiment de fierté à construire le continent pourra jaillir des cœurs pacifiquement pour édifier un Royaume affirmé sans possibilité de retour (Lc 9.62)?

La situation économique reste un défit pour l’Homme noir de tirer profit des opportunités qui se présentent à lui pour attendre le future avec sérénité. La sélection des héros et antihéros se fait une fois de plus selon la sincérité à suivre le nouveau Message qui sédimente les berges du fleuve spirituel qui abreuve tout Croyant. Celui que je porte et que je partage avec vous est simple :

« Chaque Homme est important aux yeux de Dieu »