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La Mouche et le vieux Mourid

La Mouche et le vieux Mourid

La Mouche et le vieux Mourid

Dans la décharge de Mindoubé, on raconte qu’une mouche citadine s’était un jour trouvée bloquée dans la maison d’un vieux Mouride. Elle avait fini comme à l’accoutumée de faire le tour des poubelles du voisinage quand elle se sentit attirée par la fraicheur qui se dégageait de la maison du Mouride.

Elle y entra par la porte arrière qui était entrebâillée. Elle vit le vieux Mouride recevoir un enseignement de la part de son maître Soufi. La fraicheur de la sagesse transmise emplissait tout l’espace.

Hélas le temps se dégrada et un coup de vent claqua la porte. Après avoir écouté l’enseignement lumineux du maître Soufi, elle ne put retrouver son chemin car toutes les issues étaient fermées. Elle passa un long moment à buter sur les parois des vitres et sur les lampes.

Le soir venu, elle n’était toujours pas libre mais lasse de son combat. Le vieux Mouride pris de compassion pour l’insecte éteignit toutes les lampes à l’intérieur de son foyer et en alluma une dehors. Il ouvrit grandement la porte arrière et attendit que la mouche retrouve ses repères.

Effectivement, celle-ci vit au loin la lampe luire et sentit l’odeur familière des poubelles. Elle fonça dessus ne suivant que son instinct et, ce faisant, elle quitta le domicile du vieux Mouride qui était devenu sa prison involontaire.

« Alhamdulillah! S’écria le vieux Mouride. Puisse Allah avoir également miséricorde sur nous et qu’il éteigne les lumières illusoire de ce monde où nous vivons afin que nous quittions les prisons et les voiles de l’Ego pour voguer vers la sainte Lumière. »

Initiatique

Initiatique

Initiatique

Initier le monde au respect de la Terre
Transmettre le pouvoir des ancêtres
C’est voir de loin l’avenir passer au présent
Car tout Homme que tu es, tu nais d’une mer
La seul nourricière qui abreuve ta terre
Sédimente les berges de ton ignorance
Afin que pousse la pâture de ton élevage
L’initié renié, raté et refoulé perd tout
Il demeure seul dans un monde avec qui
Il n’a plus d’attaches ni n’est porté en mémoire
L’initiation crainte est pire que la vie inconsciente
De celui qui se veut responsable
Les âges, les rôles, les statuts
Passent par un rituel que l’Homme
Aux allures innocentes reconnait
Dans le secret immaculé de sa vie
L’expérience initiatique ne peut être prise en charge indéfiniment par la vie dans la Voie.
Un choix doit mener à une communauté de frères et sœurs solidaires.

Le retour

Le retour

Le retour

J’ai grandi sur cette terre nourricière et mienne
Mon départ fut pour former ma jeunesse
Conscient j’ai renié ton berceau pour les lits de lys
Si m’y complaire était un bien pourquoi me regrettez-vous?
Je souffre de vouloir m’y établir pour mes acquis
Vous voulez un retour fait du bris de mes rêves
Car la succession et la continuité sont des êtres seuls
Quand la progéniture se rebelle devant ce sacrifice
Le tort souffre alors du légitime droit à vivre libre
Et du devoir de veille sur un patrimoine convoité
L’absence dans l’édifice d’une vie est la peine
Que tout homme ressent au soir du jour divin
La perte de tout repère est la douleur qu’éprouve aussi
Le fils dont l’honneur filiale a su porté ses combats
Il n’y a jamais eu ici de problèmes difficiles
Ni de solutions faciles à mettre en place
Lorsque l’Homme reconnait son impuissance
Seul Dieu peut apercevoir sa petitesse infime

« Confiez-vous les uns les autres à Ce qui fera de vous des êtres libres dans vos combats. L’avenir d’un enfant même obstrué n’est pas à sacrifier à un passé à pérenniser »

Souffle

Souffle

Souffle

Perdu dans l’immensité déserte
Le rythme du Souffle cadence le pas de la pensée
D’où émerge l’idée d’un combat éternel
Entre l’émoi et les Moi de mon être
Et sans avoir de causes auxquelles souscrire
Je défends les bienfaits du Souffle
Qui œuvre dans les vies alentour
Celles qui possèdent le don de reconnaissance
A la Providence éternelle

L’immigrant inconnu

L’immigrant inconnu

L’immigrant inconnu

Si je suis venu ici
Ce n’est pas pour jouir mais me bâtir
Si j’ai perdu mes repères du début
C’est par émerveillement et foi en l’espoir
J’ai suivi le parcours des miens
Ai redessiné le contour de nos desseins
Le revenu appartenant à l’habile artisan
J’ai troqué mes rêves pour la faim
Vouloir vivre sur cette terre accueillante
C’était le pari chargé de beaucoup
Et sombrer dans l’échec
Hante l’impétrant sur le sol
Je suis venu ici pour vivre!
Partager les valeurs qui m’ont conquise
Contribuer à maintenir un habitat sain
La richesse d’une nation ne réside pas seulement dans ses attributs civiques
Mais aussi dans le sentiment d’appartenance unique
à un peuple au-delà de toute explication

Providence

Providence

Quand on a perdu toute certitude
Quand l’estime de soi en revient aux autres
Si le pas assuré devient handicap
Si la vie entière ne répond plus aux attentes
Alors, toi, la compagne si souvent délaissée,
Remets tes habits de noces et ton parfum
Car l’homme est enfin mûr pour t’accueillir
Se remettre entre tes mains ouvertes
Pour gagner la cécité de l’avenir anticipé
Le pas désormais est le tien, mais inconnu
Il ne sait où il mène mais reste dans la foi
Se déposséder de l’être, vouloir et avoir
Rendre grâce à chaque instant
Où la vie prend une orientation nouvelle
Celle qui mènera vers le vert pâturage
L’abandon de soi est l’étape primordiale
A l’éternel règne de la Providence
Ce qui vient de Dieu et retourne à lui
Lorsque, hélas, l’émancipation refait surface
Dans l’orgueil d’une réussite faite d’ingratitude
L’Attention se doit de revenir au simple moment

Ce cœur refuse de se battre

Ce cœur refuse de se battre

 

Ce cœur refuse de se battre

Abattu dans l’effondrement de sa dernière chance
Il a cessé de vivre des battements aigus du sang
Dans l’attitude du suicidé, il se refuse toute emprise
Et méprise des sentiments timides à croire à deux
La chute d’un cœur altéré assèche également l’âme
Qui ne peut y puiser l’essence d’un Amour vital
Mon cœur est mort et je vis parmi vous
A être insensible à la beauté du partenaire
Mis sous une transfusion musicale miraculeuse
Je vide alors cette vie sans rancœur ni douceur
Mais surtout sans y mettre du cœur
Le rêve de le faire revivre disparait
à mesure que l’art de vivre devient une simple image

« Quand le cœur ne bat plus pour rien, laisse ton âme s’abreuver dans celui des autres »

Omar est Mon nom

Omar est Mon nom

Omar est Mon nom

Je suis Omar celui que tu as reçu un jour sans t’y attendre.
J’ai visité avec toi le Monde et mon uni Vert.
J’y ai vu le sort de mes symboles et de tes frères.
On a jugé tous les trois et préparé ton règne.
Protégé par mes saints fidèles tu as hérité d’une Conscience nouvelle.
Avance sur la Voie de tes Pères, tracée par les saints Prophètes et gardée par mes saints Guerriers.
Omar est mon saint nom.
J’étais avant même que tu ne t’en souviennes.

A ceux morts dans l’attente

A ceux morts dans l’attente

A ceux morts dans l’attente

A ceux morts dans l’attente
Du jour où l’espoir ferait sa nuit
Pour une aube où le rêve reprendrait à nouveau
Les jours de deuil seraient à jamais balayés
Car le Seigneur, Roi de gloire et tout puissant
Aurait à nouveau jeté sa semence
Sur nos champs, chemins, ronce et sol rocailleux
Pour faire de nous les promesses d’une moisson nouvelle.

A ceux morts dans la tente
Aucun regret de passer le flambeau
Une ère s’ouvre sur votre dernier pas
Que l’espoir du retour du cycle vous accompagne
Sur les chemins nomades de la reprise du labeur
Car le Seigneur, Roi de gloire et tout puissant
Aurait à nouveau soigné les sarments
Dans vos vignes, vendanges, pressoir et cuves
Pour faire de vous les témoins d’un vin mature et martyre.

A ceux morts dans la tente et dans l’attente,
La Vie vous remercie.

Carnaval

Carnaval

Costumes et maquillages se dorent au soleil
Le sang pulse au son des percussions cardiaques
Des mains s’affairent et s’entrechoquent
Le bruit réveille les couleurs malgré la sueur dans les yeux

Le corps prend vie et le pas ne se mesure plus en soi
La danse rythme la transe dans la même présence
Le cortège avance et la foule cadence dans la même Préséance
L’expression torride de la joie de vivre s’installe et règne
Le maitre libère l’esclave, l’ex clave de mains déchaine le mouvement qui liait aux biens

Ce soir ils marcheront, cette nuit ils danseront, demain ils enfanteront
L’Esprit crée et souffle dans le cœur une symphonie d’Amour
Le char charrie la paix et le danseur affronte l’excitation du moment
Le monde vibre d’une note nouvelle que chaque pas portera loin dans le cœur de l’œil venu se réchauffer

Alafia!

Mains ouvertes

Mains ouvertes

Mains ouvertes

Mes mains sont noires, couleur de mon uniforme
Mais à mises à l’envers, elles sont blanche sang
Partage unique de tous les peuples de cette terre
Couleur commune de la demande et de l’offre du don

Mes mains sont noires, couleur de mes efforts
Même mise à l’envers, la souillure déteint d’égale façon
Partage unique de toutes les mains-d’œuvre de cette terre
Douleur commune de la demande et de l’offre économique

Mes mains sont noires, couleur de certains de nos écrits
Même fait au pinceau et à l’aquarelle, les mots teintent l’esprit
Partage unique de tous les écris vains publiés sur cet air
Clameur commune de la demande et de l’offre d’expression

Mes mains sont noires, couleur de l’immense inconnue
Même mise à l’envers, ce vide de sens n’en illumine peu
Partage unique de tous les saints vivants de cette ère
Frayeur commune de la demande et de l’offre de connaissance de Dieu

L’affranchi

L’affranchi

L’affranchi

La pirogue pleine de souvenir et de questions sur l’avenir, je rame
Peu à peu je navigue loin des eaux troubles et de la tourbe alentour
Les chaines de l’esclavage ne sont pas si loin et les maîtres condamnent encore
A trop être dans le champ, mon corps s’imprime de beauté sans atours

L’être qui me fait, se dégage du linceul ajourné, dans un doux froissement
L’illusion des douleurs passées, recréent un monde où la vie se rêve éveillée
Construire son logis sur l’immatériel et vouloir lui offrir des volets virtuels
Point de lest pour les envolées en fumée quand l’éclosion vient du sentiment

Le son diffuse sa dose de « vis ta mine! » au grand corps humé par l’esprit
Un soin antique qui rythme le chemin de l’évasion et guide dans la décision
Quand le grain meurt sans eau, le fruit poudreux et stérile entame l’évolution
Vers un produit digne de l’effort des mains qui appelle une vérité sans le vin

Les maîtres du temps

Les maîtres du temps

Les maîtres du temps

Si j’avais le temps d’éprouver un sentiment
Pouvoir comprendre tous les bots arguments
Y voir de la beauté de cœur sans le dur masque

Si je pouvais prendre le temps de la réflexion
Ne pas me dévoiler dans le noir de la raison
Me pardonner le mal et croire aux présents

Le temps, neutre, implacable, suit sa routinière rotation
Et nos feutres le couvre ou le colore de futiles passions
On y brûle de tous nos maux sans jamais oser le vivre

Maîtriser ce temps dans ce qui nous offre de pressant
Garder le pas assez en mémoire pour l’économie de la vie
Quand le futur héréditaire prend sa place au gré des avis

C’est Dieu qui donne

C’est Dieu qui donne

C’est Dieu qui donne

Je pourrais faire la cours, toucher aux palais
Être courtisan et plaire aux souverains
Au risque de perdre ma bourse, ma course, ma douce
Et surtout ma vie car…
C’est Dieu qui donne

Je pourrais faire pour le mieux, paraitre saint et homme heureux
Être l’idole et croire à mon dieu
Au risque de perdre mes justes, mes frustres, mes cultes
Et surtout ma vie car…
C’est Dieu qui donne

Je pourrais faire commerce glorieux, m’enchainer au succès
Être l’artisan et bâtir d’un art, cent revenus
Au risque de perdre ma morale, mon moral, mon travail
Et surtout ma vie car…
C’est Dieu qui donne

Je pourrais faire tout, en tant qu’Homme
Être un symbole et penser mon existence
Au risque de perdre la loi, la foi, la Voie
Et surtout la Vie car…

C’est Sagesse qui révèle
Esprit qui guide
Verbe qui crée
Corps qui se soumet car au final…

C’est Dieu qui trône

Moi, Nègre

Moi, Nègre

Moi, Nègre

Moi, pas comptant* dans l’identification
La peau, la chevelure et le nez recouvrent notre cœur
Ensanglanté de l’intérieur par les coups subtils qui blessent
Parfois dans une hémorragie de larmes
Qui saignent autant que se dit le verbe de la douleur

Moi, pas comptant* dans le regard de l’autre
Le diplôme, le salaire et l’esprit recouvrent notre âme
Isolée en profondeur par les collusions subtiles qui délaissent
Parfois dans un désert de considération
Qui rend oisif autant que fleuri cet espace irrigué

Nos pas à tous comptant dans l’opposition de valeurs
Les classes, la richesse et la foi recouvre notre distance
Rallongé par les historiens et la mémoire des traditions
Parfois dans le marathon des savoirs et de la sagesse
Qui assoiffe autant qu’y abreuve les initiés intéressés

*Ne comptant pas (“pas content” phonétiquement)

La chaîne des héros

La chaîne des héros

La chaîne des héros

Du fond de ma cellule je crie vers cette révolution qui me libérera
Je vois les corbeaux humilier mon impatience et ourdir contre nous,
je crois
Les portes qui nous retiennent s’entrebâillent à chaque filet d’air
Nul n’ose faire le premier pas vers des noces incertaines avec la mort
Les révolutions ont besoin de héros c’est pourquoi nous attendons
Viendra le jour où le peuple marchera pour livrer le combat de la faim,
Viendra le jour, viendra…
Le geôlier, jadis tuteur, choisit sa prochaine victime, les corbeaux acquiescent,
je crois
Un jeune et brillant esprit d’où réfléchit un rêve vierge mais pur:
il croit
Le grincement de la cellule accueille la recrue et salue le déchu, mort dans l’attente
Viendra le jour, viendra…
Les évadés légitimes suscitent notre envie et l’admiration des corbeaux,
je crois
Mais à quel prix se relever tous lorsque le courage des uns dépend de la peur des autres?
Viendra le jour, enfin je crois

Errance sédentaire

Errance sédentaire

Errance sédentaire

Je marche, depuis longtemps déjà, dans cet instant de ma vie
Où les moments se perdent dans l’habitude
Tel l’habit nu se révélant dans l’inconnu,
Les pas rythment en silence mes bruits intérieurs;
Une constellation diffuse qui fonde ma vie dans une mer de sable
Remémorant ce qu’il fallut comme “faut” pour le faire
Je dus plaire à l’autre peu sincère et apprendre à quoi ça sert
Recycler mes états pour en faire un Moi
Craindre l’imminence d’un éveil douloureux
Prier pour ne plus rien dire ou presque
Repousser l’échéance d’une dette convenue
M’employer à œuvrer pour ne plus ployer sous l’échec
Voler des moments au futur pour me l’offrir en présent
Enfin j’arrive au seuil de la matrice de laquelle je veux n’être plus ni ne dépendre
Car seul comptera ma présence en tant qu’Homme

L’enfant de papier

L’enfant de papier

L’enfant de papier

Je t’expulse de ma vie que tu m’as donnée sans amour ni envie!
Pour ton confort et par refus de cette précarité tu m’as fait.
Jadis toi, ce titre précieux dans tes mains liées. Et moi aujourd’hui
Votre unique joint, la mauvaise herbe qu’une feuille roulée trahit.
A mon tour je me réfugie dans mon asile pour vivre ce mal d’être né.

Car pour eux, famille nombreuse et nécessiteuse, tu fis ce sacrifice,
D’être péniblement leur soutien et satisfaire ainsi vos orgueils et désirs.
Votre tiers immonde défraîchit mon statut et fait de moi ce renégat.

Ta triste moitié, complice de ce vice, m’est tout aussi indésirable
De susciter si peu d’intérêt local, elle choisit un exotisme mendiant
De me vouloir à mère pour la vie, amer je le suis et si peu ravit.
Cette saillie n’eut rien de bon et je reste la semence perdue qui survit
Ce métissage de vos besoins, fruit de votre entente, et qui, ce jour, vous juge.

Mais à qui la faute sinon à l’illégitime Constitution des Hommes justes.
Les états sans amour engendrent des lois mesquines et iniques
Contre lesquelles combattront à jamais des armées d’insoumis.

Une terre pour l’immigré

Une terre pour l’immigré

Une terre pour l’immigré

Longue est la marche du retour de notre exil
Par cette aire de souffrance de nos hôtes
Leur berce-sot privé d’humanité où les pleurs s’étouffent dans un coussin
Parti par cupidité, parti par peur, parti plein d’espoir ?
Retour déçu, retour cossu, retour au cimetière.

Pas après « pas » d’un refus motivé par une loi froide
Marchons vers une terre où l’épanouissement n’est pas luxe
Où les frontières du continent que nous dessinons s’agrandissent
A mesure que le cœur de notre propre peuple s’atrophie et que son souffle s’éteint
Car quitter notre terre fut l’unique moyen de la retrouver profondément en nous
Terre mère, chère à nos yeux qui aura porté l’espoir de tant de générations
Terre qui a été l’objet de tant de combats pour un triste graal
Où le sang aveuglant se boit à pleine gorgée de pouvoir
Cette terre jadis si féconde se vide de ses semences
Qui volent au gré du vent dans l’espoir d’un bonheur profond
Bonne heure où la peur d’étouffer sous l’ivraie florissante
Nourrit le péril auquel leur absence contribue

Peuple d’immigrés, peuple dénigré, peuple rapatrié
Trouvez dans le monde le lieu où votre présence contribue à l’édifice universel
Peuple nanti, peuple assouvi, peuple bon parti
Trouvez chez vous la place où s’assoira l’étranger venu combler vos besoins
Il ne peut y avoir de frontières dans les cœurs
Notre Terre peut de nouveau être un berceau pour l’Humanité
Celui des valeurs de l’Amour, du Partage et de la Fraternité

L’immigré est la pierre de voûte qui manque à ta maison

Force et courage habiteront ton cœur

Force et courage habiteront ton cœur

Force et courage habiteront ton cœur

Force et courage habiteront ton cœur
Que tes mains soient telles les serres de l’aigle mais douces comme la soie
Que tes pas soient aussi légers et vifs que le cobra fondant sur sa proie
Que ton souffle s’unisse au chant de l’Univers au plus profond de toi
Que tes armes vibrent d’amour pour toi comme des partenaires de combat
Alors force et courage habiterons ton cœur

Écoute le vent chanter ton hymne, et le fleuve vanter ton mérite
Regarde le chêne majestueux se dresser à ton image et célébrer ton mythe
Sens la chaleur de ton désir, qu’elle draine l’énergie de la réussite
Goûte aux plaisirs de l’effort et transcende-toi pour cette épreuve inédite
Car force et courage habiterons ton cœur

Maintenant et ici, pour cet acte de vie, naissance et fruit

Ah fric!

Ah fric!

Ah fric!

Ah fric, monde à fric !

Ah fric des fieffés spéculateurs et vendeurs du temple de nos finances

Ah fric que cherchait ma grand-mère pour nous faire vivre

Dans son village devenu planétaire

Je ne t’ai jamais compris

Mais mes poches son vide de ta valeur

Ta belle valeur dont dépend le chant du courtier

La valeur de nos économies et de notre sueur

La sueur de notre travail

Le travail en temps crise

La crise de leurs conjectures

Ah fric, des mois sans fric !

Qu’est-ce donc cette étrange courbe ?

Qui se couche à la fin de vos orgies

Ces tète-dollars qui complaisent à cette soif de biens à taux ingérables

Qui dit oui aux mises à pied de mains d’œuvres assoiffées mais digérables

Ah l’or amassé n’est plus ce que l’on dit !

Cette valeur robuste mais sûre qui sait changer de couleur

Cette valeur d’autrefois que l’on crût stable

Mais hélas les seules Valeurs sûres qui fassent défaut à leurs échanges

Sont honnêteté intellectuelle et intégrité

Qui disparaissent à mesure que leur folie s’institue

Et dont l’usufruit de nos richesses a peu à peu

La douce saveur de la révolte

Composé à partir de l’œuvre « Afrique », de David DIOP

Ma terre, semeur!

Ma terre, semeur!

Ma terre, semeur!

Ma terre semeur !

Rends-moi ma terre ! Terre où tu sèmes ennuis, mort et désolation
Cette terre où tu souhaites m’ensevelir pour assouvir tes passions
Cette terre jadis sages et riches qui faisait la fierté de ses peuples
Devient ignorante, ignorée du concert mondial sauf pour sa minérale pulpe
Je suis ce peuple que tu as voulu essaimer, aux quatre coins du Mal
Maladie, Pauvreté, Ignorance et  Guerres. Coup porté sans être fatal
Mon tronc est solide, et même si je perds mes racines, mes jeunes poussent
Tu crois me semer mais je te retrouve quand tu reviens boire à ma source
C’est ma terre et aussi la tienne vu que tu y es comme un roi

Mais qui est tu donc pour oser habiter sous mon « toi » ?

Tu es la Main invisible de l’Adam qui perpétue ignorance et domination
Tu es l’Institution qui dicte, édicte mais sans docte pour notre quotidien
Tu es ce nouvel Ordre empirique qui empire et veut à nouveau que je plie l’échine
Tu es la Nation coopérante et hypocrite, ce sépulcre qui blanchit là ou d’autres condamnent
Tu es le nouveau Partenaire impérial qui abuse de nous là où d’autres ont toujours violé
Tu es le Dirigeant qui s’obstine à se conjuguer au présent continu
Tu es le Rebel sans pôle éthique qui sacrifie pays et hommes pour trôner sur un charnier
Tu es la Foi qui accoutume le peuple à la souffrance « salvatrice » mais qui n’est plus coutume
Tu es l’Agent corrompu qui s’engraisse seul assis sur la chair du pauvre
Tu es la Gente élitiste qui pille et surconsomme pour des ripailles bourgeoises et égoïstes
Tu es l’Intellectuel toujours actuel qui fuit ou se désintègre au contact du profit facile
Tu es la Force expatriée sacrifiée au confort de vie des uns et des autres
Tu es l’Actif insipide et lâche qui subit pour maintenir sa maigre pitance
Tu es l’Homme d’affaires véreux pour qui la vie n’a plus de prix
Tu es l’étudiant sans repère qui se perd et s’offre dans le repaire des maîtres de ses pères
Tu es le peuple timoré, blasé qui supporte les jougs et les leaders, courant ainsi à sa perte
Tu es l’Auteur impuissant qui fulmine devant tant de cécité et de surdité

Tu hais et tu es, tu as été, tu seras comme beaucoup d’autres…  un temps sur cette terre.

Changer est la seule issue à cette impasse qui masque notre Félicité

Ma terre se meurt !

Je suis blanc

Je suis blanc

Je suis blanc

Je n’ai pas choisi à naitre ainsi mais je suis blanc et de cette lignée
J’ai grandi dans un monde où tout plaisir ne m’était pas donné
J’ai appris les sciences, mes droits et l’amour pour ma nation
Des valeurs acquises dans l’effort et la lutte de nos générations
J’ai hérité comme tous du lourd fardeau des impairs mes pères
Des multitudes ont construit un monde où dominent nos lumières
Des années d’histoire et de souffrances infligées, mais je suis blanc
Doit-on toujours m’en vouloir, moi, pour le mal fait auparavant ?

J’ai souvent du mal à accepter les autres êtres comme mes égaux
Dans la peur et l’ignorance, le manque d’amour a forgé ces idéaux
Des personnes aux diverses couleurs blessées, mais moi je suis blanc
Doit-on toujours croire que, tous, nous sommes des intolérants ?

Je me bats pour que ma patrie dure et existe aux yeux du monde
Dans un commerce des peuples où injustices et griefs abondent
Cette compétition laissera certains sur la marge, mais je suis blanc
Doit-on toujours me reprocher de lutter pour servir mon camp ?

Je regarde aujourd’hui vers l’avenir et j’offre ma vide main tendu
Pour ensemble blanchir passé, réalités et ouvrir des chantiers nus
De cette innocence apprendre à se connaitre dans l’authenticité
Souhaiter aux prochaines familles d’humains une destiné métissée

Maillon en fusion

Maillon en fusion

Maillon en fusion

Autrefois les martyrs ont mis le feu aux passionnels sacrifices

La foi, les causes, les idées et les libertés ont brûlé jusqu’à toi, fils

Maintenant, tu crains d’affirmer ton héritage riche et précieux

Tétanisé d’avance par la peur de la risée et du jugement de leurs yeux

Si eux, connaissaient l’enjeu du torrent et des flammes d’eau limpide

Par courage, ils humilieraient leur vie pour quitter l’insipide

Conformité, confort miteux, mythe des “Cons” forts et Justes faibles

A toi de choisir la taille de ton empreinte sur ce chemin de braises

Micro culture

Micro culture

Micro culture

Ma Culture ne pousse plus, que donnera la récolte?

Certes je ne suis pas un incapable mais Monsanto plaide non coupable
Les graines sont nombreuses et pleines de promesses menteuses
Elles se désintéressent du Soleil qui brûle et de la pluie qui rafraîchit
Du vent qui murmure les lois que le sage écrit dans le sable

Ma Culture s’initie, s’enracine profondément et donne l’arbre sous lequel le village se réunit
Elle se transmet et vit dans le froid de l’harmattan et les pluies de l’hivernage
Ma culture ne pousse plus, et la famine pointe à l’horizon
Car les graines oublient leur nature qui est d’être en harmonie avec la Terre

Elles préfèrent le blanc blafard et bluffant de l’éclairage de serre
Qui crée par tant d’artifices, des conditions de vies illusoires
Elles ignorent la maladie et le manque, protégée qu’elles sont par le plastique et les hormones
Du coup, elles portent un fruit stérile et standard qu’on brade indifféremment au hasard des envies
Ces transes de génies restent fébriles et sans identité mais Monsanto plaide non coupable
Ma Culture ne pousse plus, le chant des paysans se tait
Les graines n’ont pas connus les saisons et le contact avec les animaux
Leurs racines sont si peu profondes qu’elles s’arrachent et se mêlent aux sables comme à l’argile
La terre qui les accueille ne les reconnaît pas toujours et même ses vers rechignent à partager leur rejets
De cette aire souffle un vent qui ramène les moins utiles aux sources du courage
Mais là, ces graines luttent pour rester en surface et ne pas sombrer dans la masse terreuse
Que restera-t-il alors pour ensemencer l’étendue du champ, transmettre ma culture à travers le temps ?

Ma culture ne pousse plus, l’herbe afflue et étouffe le pas sage
Cette ivraie, la seule vraie selon eux, s’égraine en chapelet et recouvre tout en temps de jachère
Elle change la terre qui agonise en une glaise éveillée qui promet encore au serf une dîme déjà chère
Ma culture ne pousse plus, Monsanto plaide non coupable, mais que faire de plus quand le grain ne meurt…

Quatre saisons

Quatre saisons

Quatre saisons

Oui nous avons vécu les quatre saisons
Elles ne furent pas d’un air « Vive la vie »
Marquant les terres, les cultures, les êtres et les avoirs
Dans une prévision Météo-rites d’un retour aux comptoirs
Les déplacements d’airs et courants marins triangulaires
Précipitaient ailleurs l’ondée d’un sang de couleur
Ultra-violée sur une couche d’Ausone peu noble

Voilà, nous y sommes. Les quatre saisons sont passées
Les Hommes y ont pensé mais certains n’ont pas pansé
Pourtant le Temps file toujours et les saisons s’enchaînent
Certains demeurent sans chaînes et d’autres sont libéralisés :
Pouvoir vivre des séismes tant qu’on ne fait pas de vagues
Ces quatre saisons ont marqué certes, mais le climat change
On ne reconnaît plus les nouvelles saisons mais on s’y adapte indifféremment
Hiver est rude et on se couvre. Été est froid et on s’exile aux îles
Ces mêmes îles qui connaissent cyclones et cycles clones

Alors les quatre saisons, comment les changer dans notre Nature?
Vit-on une suite à rythme éthique ou encore géométrique?
Quatre saisons d’accord mais je veux maintenant changer d’ère
Lutter pour ma Culture et mes Fruits en respectant notre Terre
Dans une Éternité où la saison se dit « lue! » dans le Grand Livre de la Vie

Sous l’arbre du pâle Labeur

Sous l’arbre du pâle Labeur

Sous l’arbre du pâle Labeur

Les grands et très grands chefs vivants au dessus du reste de leur corps, se réunirent en grande pompe autour du vieux Baobab qui les avait tous vu naitre et perdre la tête. Le moment était grave et le problème sérieux : où trouver assez à manger pour eux et pour les constants invités ?

Les greniers étaient presque vides, les parents des invités n’envoyaient plus la pension aussi souvent, le maïs plantés ne produisait plus aussi vite et les graines rebelles, échappées au gré du vent, ne revenaient plus se poser sur le sol pour y germer; enrichies. C’était dur !

Ils avaient bien essayé de changer d’invités. Les nouveaux contribuaient (more…)

L’odeur des pensées

L’odeur des pensées

L’odeur des pensées

Un vieux sage avait l’habitude de méditer près d’un fumier. Un voyageur passant par là lui demanda « pourquoi méditez-vous près de ce fumier? » Lentement le vieil homme sourit et répondit « je respire le parfum des roses alentour ». Le voyageur indigné insista « l’odeur ne vous gène-t-elle pas? » Le vieil homme sans quitter son sourire lui dit « Mieux vaut ne pas penser à un fumier qu’avoir un fumier en guise de pensées. » Là dessus il se tut et reprit sa méditation.

Le Messager

Le Messager

Le Messager

Un Messager du Souffle Suprême arriva sur la Terre pour y séjourner dans l’air du temps.

Par une brise légère, il s’échoua sur le rivage de l’enfance humaine innocente dans sa cruauté touchante. Les doux bambins tentèrent alors de l’attraper et de l’enfermer pour en faire un ballot dans leurs jeux de découverte du monde.

Échappant par la bouche de leurs fantaisies louches, il se réfugia chez les adolescents se languissant d’expériences interdites et d’identités empruntées. Allant vers du décors, et non vers la pleine source de leur origine, ils s’éloignaient de leur cellule où le sang perdait dès lors de son écarlate rayonnement. Le souffle court, le Messager dû refuser de se faire l’hôte de cette cellulose humaine ôtée de sa sève pure et vivifiante.

« Il n’y a pas d’Amour sans Feu », se dit-il et cherchant dans l’Amour ce qu’Il avait quitté en venant dans cette ère. Il fut embrasé par divers feux et manqua même d’oxygène. Bien malgré lui il se consumait à leur vue, voyant en leurs cœurs le siège de sa Béatitude, il dû se contenter hélas que de poumons rejetant un gaz artificiel car bionique voire narcotique. Ces feux de cœurs brulant à s’époumoner pour des valeurs fausses faites d’effluves stéréotypés ou modélisés, de brouillards givrant la spontanéité et la Providence, en fumées aveuglantes et éphémères.

N’y voyant plus rien de ce sens, le Messager ne put que craindre pour son Essence. Finir en encens dans une pratique culte ou dans un cocon « in » qui mélange universel et traditions « extradées » selon la force des bourses «d’immondialisation ». Le Souffle qui avait animé le néant jadis, s’expulsait des Palais chargé d’invectives ou des narines pour servir d’attention à l’esprit insatisfait de sa liberté de voyager et de fuir le conformisme.

De dépit, ne comprenant plus ce Monde où le Naturel était tant hors la loi, il supplia le Souffle Suprême de le ramener dans son immensité bienfaisante. Nul ne peut aspirer au Souffle si celui-ci ne s’est offert au Soupir divin. Mais voilà Dieu patiente encore et retient son Souffle avant l’extinction de la poudre du Temps.

Le Messager, dans la douleur mais l’acceptation humble de sa condition d’exilé inadapté aux murs de sa prison « temps-horaire », chercha l’isolement et la vie intérieure où résonnent les battements justes et bons d’un Amour offert librement. Il trouva alors une Calebasse près d’un lac « à Aimer ». Mais un jour que la jeune Hessivi se promenait près de ce lac, un être réel se fit messager d’une vie qui s’oublie sous le poids du besoin quotidien de réalisation hâtive et provisoire. Le récit qu’il lui fit invite ici les Hommes à reprendre conscience de leur nature profonde et originelle, de la Simplicité et de l’Abandon à un Amour qui nécessite ni force de sédition ni combat de séduction. La Vérité de l’Intuition et de l’Intention produisant un fruit reconnaissant pour la Graine mue puis sacrifiée

Le soleil n’a jamais cessé de briller

Le soleil n’a jamais cessé de briller

Le soleil n’a jamais cessé de briller

De sa naissance, au premier jour de la Vie
A ta création et ton départ du Jardin ravi
Il a éclairé le pas de tes descendants
Et la submersion de leurs antécédents

Il a brillé dans les prophéties et plu aux Élus
L’Homme naturel lui a sacrifié son vierge dévolu
Les eaux du Jourdain ont scintillé de ce Qui a été dit
Et son deuil a accompagné le cri dans l’après midi

Il a mis en lumière, les martyrs, les génocides, les guerres
Les esclavages, les holocaustes, les colonies et autre fruits amers
Tu es né sous ses étoiles et a grandi les idées dans ses lunes
Il a donné jour aux amitiés et aux douloureuses rancunes

Dans les sombres intempéries et les brouillards, il illumine les anges
Que cette Terre tremble, brûle ou dévie, ferme est la force de sa phalange
La peine de ton cœur, l’égarement de ton esprit ou le mal de ton corps
Ont besoin d’un de ses rayons d’Amour pour construire ton réconfort

Quelque soit la faute obscure ou la haine capitale qui t’entraînent à l’ombre
Sa lueur d’espoir brillera dans tes yeux pour la grâce de cette peine ambre
Car le soleil n’a jamais cessé de briller sur notre Monde
Et quand il arrêtera, tu seras toi-même blancheur qui inonde

Réchauffe alors ton cœur et irradie l’angoisse des astres qui demeurent dans la nuit

Espoir

Mon frère

Mon frère

Nos grands-pères ont vendu les leurs pour de la verrerie :
Des leurres venus d’ailleurs, tristes deniers pour des déniés de vie.
Ce sacrifice valait-t-il la réflexion ? Pardonnons mais n’oublions pas.

Nos pères ont servi les fruits de notre terre et leur chair pour toutes ces guerres.
Tel en est le prix : le droit à des « vice-serf » pour tous ces viscères.
Cette offrande rassasia-t-elle leurs côlons ? Pardonnons mais n’oublions pas

Nos aînés ont choisi la complaisance en guise de leur affirmation
Aisance pérennisée de certains, connaissances privées pour cette fin.
Ce choix honorait-il ces états sous vérin ? Pardonnons mais n’oublions pas.

Nous, mon frère, que faisons-nous ?

Accepter tant de misère et longtemps fuir notre terre.
Vouloir des papiers qui donneront à peine le droit d’en ramasser
Espérer le réveil d’un continent sans y contribuer…

Et nos fils, que leur laisserons-nous faire ?

Écoute dès maintenant.

Que la peur ne soit plus la compagne de ton cœur.
Que ta rigueur serve à l’héritage de demain.
Que ta sueur serve à édifier notre bonheur
Que la mémoire de notre culture scelle la foi d’un unique dessein

Unis, on peut y arriver. Frères, on est ensemble !

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