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Mains ouvertes

Mains ouvertes

Mains ouvertes

Mes mains sont noires, couleur de mon uniforme
Mais à mises à l’envers, elles sont blanche sang
Partage unique de tous les peuples de cette terre
Couleur commune de la demande et de l’offre du don

Mes mains sont noires, couleur de mes efforts
Même mise à l’envers, la souillure déteint d’égale façon
Partage unique de toutes les mains-d’œuvre de cette terre
Douleur commune de la demande et de l’offre économique

Mes mains sont noires, couleur de certains de nos écrits
Même fait au pinceau et à l’aquarelle, les mots teintent l’esprit
Partage unique de tous les écris vains publiés sur cet air
Clameur commune de la demande et de l’offre d’expression

Mes mains sont noires, couleur de l’immense inconnue
Même mise à l’envers, ce vide de sens n’en illumine peu
Partage unique de tous les saints vivants de cette ère
Frayeur commune de la demande et de l’offre de connaissance de Dieu

L’affranchi

L’affranchi

L’affranchi

La pirogue pleine de souvenir et de questions sur l’avenir, je rame
Peu à peu je navigue loin des eaux troubles et de la tourbe alentour
Les chaines de l’esclavage ne sont pas si loin et les maîtres condamnent encore
A trop être dans le champ, mon corps s’imprime de beauté sans atours

L’être qui me fait, se dégage du linceul ajourné, dans un doux froissement
L’illusion des douleurs passées, recréent un monde où la vie se rêve éveillée
Construire son logis sur l’immatériel et vouloir lui offrir des volets virtuels
Point de lest pour les envolées en fumée quand l’éclosion vient du sentiment

Le son diffuse sa dose de « vis ta mine! » au grand corps humé par l’esprit
Un soin antique qui rythme le chemin de l’évasion et guide dans la décision
Quand le grain meurt sans eau, le fruit poudreux et stérile entame l’évolution
Vers un produit digne de l’effort des mains qui appelle une vérité sans le vin

Les maîtres du temps

Les maîtres du temps

Les maîtres du temps

Si j’avais le temps d’éprouver un sentiment
Pouvoir comprendre tous les bots arguments
Y voir de la beauté de cœur sans le dur masque

Si je pouvais prendre le temps de la réflexion
Ne pas me dévoiler dans le noir de la raison
Me pardonner le mal et croire aux présents

Le temps, neutre, implacable, suit sa routinière rotation
Et nos feutres le couvre ou le colore de futiles passions
On y brûle de tous nos maux sans jamais oser le vivre

Maîtriser ce temps dans ce qui nous offre de pressant
Garder le pas assez en mémoire pour l’économie de la vie
Quand le futur héréditaire prend sa place au gré des avis

C’est Dieu qui donne

C’est Dieu qui donne

C’est Dieu qui donne

Je pourrais faire la cours, toucher aux palais
Être courtisan et plaire aux souverains
Au risque de perdre ma bourse, ma course, ma douce
Et surtout ma vie car…
C’est Dieu qui donne

Je pourrais faire pour le mieux, paraitre saint et homme heureux
Être l’idole et croire à mon dieu
Au risque de perdre mes justes, mes frustres, mes cultes
Et surtout ma vie car…
C’est Dieu qui donne

Je pourrais faire commerce glorieux, m’enchainer au succès
Être l’artisan et bâtir d’un art, cent revenus
Au risque de perdre ma morale, mon moral, mon travail
Et surtout ma vie car…
C’est Dieu qui donne

Je pourrais faire tout, en tant qu’Homme
Être un symbole et penser mon existence
Au risque de perdre la loi, la foi, la Voie
Et surtout la Vie car…

C’est Sagesse qui révèle
Esprit qui guide
Verbe qui crée
Corps qui se soumet car au final…

C’est Dieu qui trône

Moi, Nègre

Moi, Nègre

Moi, Nègre

Moi, pas comptant* dans l’identification
La peau, la chevelure et le nez recouvrent notre cœur
Ensanglanté de l’intérieur par les coups subtils qui blessent
Parfois dans une hémorragie de larmes
Qui saignent autant que se dit le verbe de la douleur

Moi, pas comptant* dans le regard de l’autre
Le diplôme, le salaire et l’esprit recouvrent notre âme
Isolée en profondeur par les collusions subtiles qui délaissent
Parfois dans un désert de considération
Qui rend oisif autant que fleuri cet espace irrigué

Nos pas à tous comptant dans l’opposition de valeurs
Les classes, la richesse et la foi recouvre notre distance
Rallongé par les historiens et la mémoire des traditions
Parfois dans le marathon des savoirs et de la sagesse
Qui assoiffe autant qu’y abreuve les initiés intéressés

*Ne comptant pas (“pas content” phonétiquement)

La chaîne des héros

La chaîne des héros

La chaîne des héros

Du fond de ma cellule je crie vers cette révolution qui me libérera
Je vois les corbeaux humilier mon impatience et ourdir contre nous,
je crois
Les portes qui nous retiennent s’entrebâillent à chaque filet d’air
Nul n’ose faire le premier pas vers des noces incertaines avec la mort
Les révolutions ont besoin de héros c’est pourquoi nous attendons
Viendra le jour où le peuple marchera pour livrer le combat de la faim,
Viendra le jour, viendra…
Le geôlier, jadis tuteur, choisit sa prochaine victime, les corbeaux acquiescent,
je crois
Un jeune et brillant esprit d’où réfléchit un rêve vierge mais pur:
il croit
Le grincement de la cellule accueille la recrue et salue le déchu, mort dans l’attente
Viendra le jour, viendra…
Les évadés légitimes suscitent notre envie et l’admiration des corbeaux,
je crois
Mais à quel prix se relever tous lorsque le courage des uns dépend de la peur des autres?
Viendra le jour, enfin je crois

Errance sédentaire

Errance sédentaire

Errance sédentaire

Je marche, depuis longtemps déjà, dans cet instant de ma vie
Où les moments se perdent dans l’habitude
Tel l’habit nu se révélant dans l’inconnu,
Les pas rythment en silence mes bruits intérieurs;
Une constellation diffuse qui fonde ma vie dans une mer de sable
Remémorant ce qu’il fallut comme “faut” pour le faire
Je dus plaire à l’autre peu sincère et apprendre à quoi ça sert
Recycler mes états pour en faire un Moi
Craindre l’imminence d’un éveil douloureux
Prier pour ne plus rien dire ou presque
Repousser l’échéance d’une dette convenue
M’employer à œuvrer pour ne plus ployer sous l’échec
Voler des moments au futur pour me l’offrir en présent
Enfin j’arrive au seuil de la matrice de laquelle je veux n’être plus ni ne dépendre
Car seul comptera ma présence en tant qu’Homme

L’enfant de papier

L’enfant de papier

L’enfant de papier

Je t’expulse de ma vie que tu m’as donnée sans amour ni envie!
Pour ton confort et par refus de cette précarité tu m’as fait.
Jadis toi, ce titre précieux dans tes mains liées. Et moi aujourd’hui
Votre unique joint, la mauvaise herbe qu’une feuille roulée trahit.
A mon tour je me réfugie dans mon asile pour vivre ce mal d’être né.

Car pour eux, famille nombreuse et nécessiteuse, tu fis ce sacrifice,
D’être péniblement leur soutien et satisfaire ainsi vos orgueils et désirs.
Votre tiers immonde défraîchit mon statut et fait de moi ce renégat.

Ta triste moitié, complice de ce vice, m’est tout aussi indésirable
De susciter si peu d’intérêt local, elle choisit un exotisme mendiant
De me vouloir à mère pour la vie, amer je le suis et si peu ravit.
Cette saillie n’eut rien de bon et je reste la semence perdue qui survit
Ce métissage de vos besoins, fruit de votre entente, et qui, ce jour, vous juge.

Mais à qui la faute sinon à l’illégitime Constitution des Hommes justes.
Les états sans amour engendrent des lois mesquines et iniques
Contre lesquelles combattront à jamais des armées d’insoumis.

Une terre pour l’immigré

Une terre pour l’immigré

Une terre pour l’immigré

Longue est la marche du retour de notre exil
Par cette aire de souffrance de nos hôtes
Leur berce-sot privé d’humanité où les pleurs s’étouffent dans un coussin
Parti par cupidité, parti par peur, parti plein d’espoir ?
Retour déçu, retour cossu, retour au cimetière.

Pas après « pas » d’un refus motivé par une loi froide
Marchons vers une terre où l’épanouissement n’est pas luxe
Où les frontières du continent que nous dessinons s’agrandissent
A mesure que le cœur de notre propre peuple s’atrophie et que son souffle s’éteint
Car quitter notre terre fut l’unique moyen de la retrouver profondément en nous
Terre mère, chère à nos yeux qui aura porté l’espoir de tant de générations
Terre qui a été l’objet de tant de combats pour un triste graal
Où le sang aveuglant se boit à pleine gorgée de pouvoir
Cette terre jadis si féconde se vide de ses semences
Qui volent au gré du vent dans l’espoir d’un bonheur profond
Bonne heure où la peur d’étouffer sous l’ivraie florissante
Nourrit le péril auquel leur absence contribue

Peuple d’immigrés, peuple dénigré, peuple rapatrié
Trouvez dans le monde le lieu où votre présence contribue à l’édifice universel
Peuple nanti, peuple assouvi, peuple bon parti
Trouvez chez vous la place où s’assoira l’étranger venu combler vos besoins
Il ne peut y avoir de frontières dans les cœurs
Notre Terre peut de nouveau être un berceau pour l’Humanité
Celui des valeurs de l’Amour, du Partage et de la Fraternité

L’immigré est la pierre de voûte qui manque à ta maison

Force et courage habiteront ton cœur

Force et courage habiteront ton cœur

Force et courage habiteront ton cœur

Force et courage habiteront ton cœur
Que tes mains soient telles les serres de l’aigle mais douces comme la soie
Que tes pas soient aussi légers et vifs que le cobra fondant sur sa proie
Que ton souffle s’unisse au chant de l’Univers au plus profond de toi
Que tes armes vibrent d’amour pour toi comme des partenaires de combat
Alors force et courage habiterons ton cœur

Écoute le vent chanter ton hymne, et le fleuve vanter ton mérite
Regarde le chêne majestueux se dresser à ton image et célébrer ton mythe
Sens la chaleur de ton désir, qu’elle draine l’énergie de la réussite
Goûte aux plaisirs de l’effort et transcende-toi pour cette épreuve inédite
Car force et courage habiterons ton cœur

Maintenant et ici, pour cet acte de vie, naissance et fruit

Ah fric!

Ah fric!

Ah fric!

Ah fric, monde à fric !

Ah fric des fieffés spéculateurs et vendeurs du temple de nos finances

Ah fric que cherchait ma grand-mère pour nous faire vivre

Dans son village devenu planétaire

Je ne t’ai jamais compris

Mais mes poches son vide de ta valeur

Ta belle valeur dont dépend le chant du courtier

La valeur de nos économies et de notre sueur

La sueur de notre travail

Le travail en temps crise

La crise de leurs conjectures

Ah fric, des mois sans fric !

Qu’est-ce donc cette étrange courbe ?

Qui se couche à la fin de vos orgies

Ces tète-dollars qui complaisent à cette soif de biens à taux ingérables

Qui dit oui aux mises à pied de mains d’œuvres assoiffées mais digérables

Ah l’or amassé n’est plus ce que l’on dit !

Cette valeur robuste mais sûre qui sait changer de couleur

Cette valeur d’autrefois que l’on crût stable

Mais hélas les seules Valeurs sûres qui fassent défaut à leurs échanges

Sont honnêteté intellectuelle et intégrité

Qui disparaissent à mesure que leur folie s’institue

Et dont l’usufruit de nos richesses a peu à peu

La douce saveur de la révolte

Composé à partir de l’œuvre « Afrique », de David DIOP

Ma terre, semeur!

Ma terre, semeur!

Ma terre, semeur!

Ma terre semeur !

Rends-moi ma terre ! Terre où tu sèmes ennuis, mort et désolation
Cette terre où tu souhaites m’ensevelir pour assouvir tes passions
Cette terre jadis sages et riches qui faisait la fierté de ses peuples
Devient ignorante, ignorée du concert mondial sauf pour sa minérale pulpe
Je suis ce peuple que tu as voulu essaimer, aux quatre coins du Mal
Maladie, Pauvreté, Ignorance et  Guerres. Coup porté sans être fatal
Mon tronc est solide, et même si je perds mes racines, mes jeunes poussent
Tu crois me semer mais je te retrouve quand tu reviens boire à ma source
C’est ma terre et aussi la tienne vu que tu y es comme un roi

Mais qui est tu donc pour oser habiter sous mon « toi » ?

Tu es la Main invisible de l’Adam qui perpétue ignorance et domination
Tu es l’Institution qui dicte, édicte mais sans docte pour notre quotidien
Tu es ce nouvel Ordre empirique qui empire et veut à nouveau que je plie l’échine
Tu es la Nation coopérante et hypocrite, ce sépulcre qui blanchit là ou d’autres condamnent
Tu es le nouveau Partenaire impérial qui abuse de nous là où d’autres ont toujours violé
Tu es le Dirigeant qui s’obstine à se conjuguer au présent continu
Tu es le Rebel sans pôle éthique qui sacrifie pays et hommes pour trôner sur un charnier
Tu es la Foi qui accoutume le peuple à la souffrance « salvatrice » mais qui n’est plus coutume
Tu es l’Agent corrompu qui s’engraisse seul assis sur la chair du pauvre
Tu es la Gente élitiste qui pille et surconsomme pour des ripailles bourgeoises et égoïstes
Tu es l’Intellectuel toujours actuel qui fuit ou se désintègre au contact du profit facile
Tu es la Force expatriée sacrifiée au confort de vie des uns et des autres
Tu es l’Actif insipide et lâche qui subit pour maintenir sa maigre pitance
Tu es l’Homme d’affaires véreux pour qui la vie n’a plus de prix
Tu es l’étudiant sans repère qui se perd et s’offre dans le repaire des maîtres de ses pères
Tu es le peuple timoré, blasé qui supporte les jougs et les leaders, courant ainsi à sa perte
Tu es l’Auteur impuissant qui fulmine devant tant de cécité et de surdité

Tu hais et tu es, tu as été, tu seras comme beaucoup d’autres…  un temps sur cette terre.

Changer est la seule issue à cette impasse qui masque notre Félicité

Ma terre se meurt !

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