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Maximilien Quénum, Au pays des Fons, Us et coutumes du Dahomey

Maximilien Quénum, Au pays des Fons, Us et coutumes du Dahomey

LA FAMILLE

La famille, dans sa plus simple expression, comprend l’homme, la ou les femmes et les enfants.

Les femmes s’occupent de quelques petits travaux domestiques ; à leur compte personnel, elles font le commerce de friandises, de denrées alimentaires, de grains, etc. ; elles s’occupent à tour de rôle de la cuisine de leur mari et prennent respectivement soin de leurs enfants. Ceux-ci, arrivés à un âge assez fort, prêtent leur concours d’après leur sexe, à leur père ou à leur mère ; les parents ne les considèrent pas comme leur propriété exclusive et ne se déterminent à les envoyer en apprentissage, à les marier, à leur faire entreprendre un long voyage, à leur faire subir un traitement médical de quelque importance… qu’après en avoir référé aux grands-parents, aux oncles, aux tantes…

C’est une erreur de se figurer l’homme, dans la famille dahoméenne, comme jouissant seul de tous les droits, pourvoyant seul à tous les besoins matériels de la femme — et la femme, comme une sorte d’automate mené au doigt et à l’œil. Excepté le cas des épouses morganatiques des princes d’Agbômê, dont la situation est voisine de l’abjection, la condition de la femme dahoméenne n’a rien de comparable avec celle de l’esclave ou de la femme de l’Afrique du Nord. La femme partage également la vie avec son mari, blâme ou loue ce dernier et — puisqu’il faut appeler les choses par leurs noms — en vient aux mains avec lui : autant de droits que l’esclave ignore ! Certains allèguent comme indice de l’abjection de la femme son attitude agenouillée en présence de son mari. L’enfant aussi se tient à genoux devant son père ; ce père lui-même fléchit les genoux devant le chef de la collectivité familiale… Au Dahomey, le fléchissement des genoux est une marque de politesse comme une autre. Que la femme sans son mari soit incapable de pourvoir à ses propres besoins, le contraire est, le plus souvent, l’expression de la vérité.

Toutes les familles qui portent le même nom se groupent en Hen-nou (collectivité familiale) et se donnent un Hen-nou-gan (chef de collectivité). Le Hennou-gan porte comme insigne un sceptre de juridiction et s’asseoit sur le siège vénéré des ancêtres. Il peut être en âge mineur ; quelques grands de la famille exercent alors la régence.

Du moment que le chef de collectivité occupe la place d’un ancêtre, qu’il soit grand ou petit, il devient l’objet d’une grande déférence et acquiert des droits très étendus : on lui parle à genoux ; les grands ne l’abordent que la tête découverte et le torse dénudé. Dans plusieurs familles, il lui appartient de désigner aux jeunes filles de toute la collectivité des fiancés choisis ordinairement dans le Hen-nou afin de « ménager la perpétuité du nom » (Blô houé dô).

Le Hen-nou-gan a le devoir d’entretenir les tombes familiales, de pourvoir au culte des ancêtres et de veiller aux intérêts généraux de la collectivité. Il demeure dans la maison familiale non loin des tombeaux ancestraux.

C’est un administrateur de biens collectifs ; comme tel, il est soumis au contrôle des principales sommités de la famille. Le mécontentement vis-à-vis de son administration peut provoquer sa destitution ; sa nomination ne lui garantit aucune inamovibilité, elle ne lui octroie pas davantage le droit à la désignation d’un successeur. Le droit pour un simple administrateur de biens profectifs et collectifs de léguer à ses enfants une position qu’il doit à la volonté libre et révocable d’une collectivité dont les éléments sont toujours vivants offenserait le sens commun et la vérité est qu’il n’a jamais existé. Si les « Dadas » se succédaient d’après le principe To-kou-nou-vi-so, ils avaient acquis leur royaume par la violence et se considéraient comme les « propriétaires » du Dahomey. Le chef d’une collectivité n’est pas un propriétaire. Donc, parlant de succession de père en fils, il ne faut pas confondre : on parle d’un père de famille qui jouit de quelque influence dans l’ensemble de la collectivité et qui peut, à sa mort, désigner un de ses fils pour le remplacer, pour porter son nom et continuer son rôle d’assistant ou de conseiller auprès du chef de la collectivité.

Extrait de: Au Pays des Fons, Us et Coutumes du Dahomey, Maximilien Quenum, Maisonneuve et Larose, 1999

(Disponible au format eBook sur Amazon Kindle)

Maryse Condé, Moi, Tituba sorcière…

Maryse Condé, Moi, Tituba sorcière…

Pourquoi toute relation quelque peu teintée d’affectivité entre un homme et une femme doit-elle finir par se concrétiser sur un lit? Je n’en reviens pas.

Comment Benjamin Cohen d’Azevedo et moi, lui tout occupé du souvenir d’une morte, moi, d’un ingrat, nous trouvâmes-nous engagés dans la voie des caresses, des étreintes, du plaisir reçu et donné?

Je crois que la première fois que cela nous arriva, il fut encore plus surpris que moi-même, car il croyait son sexe un ustensile hors d’usage et s’étonnait de le trouver enflammé, rigide et pénétrant, gonflé d’un suc abondant. Il fut surpris et très honteux, lui qui enseignait à ses fils l’horreur du péché de fornication. Il s’écarta donc en bégayant des mots d’excuses qui furent balayés par une nouvelle houle de désir.

Je vécus désormais cette étrange situation d’être à la maitresse et servante. Le jour ne me laissait point de repos. Il fallait carder la laine, filer, réveiller les enfants, les aider à se laver, à se vêtir, faire du savon, faire la lessive, repasser, teindre, tisser, rapiécer des habits, des draps, des couvertures et même ressemeler les chaussures, sans oublier le suif qu’il fallait couler pour les bougies, les bêtes qu’il fallait nourrir et la maison qu’il fallait entretenir. Pour des raisons d’ordre religieux, je ne préparais pas les repas, Metahebel s’en chargeait et il me déplaisait que sa jeunesse s’use à ces travaux ménagers.

Le soir, Benjamin Cohen d’Azevedo me rejoignait dans le galetas où je dormais dans un lit à montants de cuivre. Je dois avouer qu’au moment où il se déshabillait et où je voyais son corps cireux et bancal, je ne pouvais m’empêcher de songer au corps musclé et sombre de John Indien. Une boule de douleur me remontait le long de la gorge et je luttais pour étouffer mes sanglots. Néanmoins cela ne durait pas et avec mon amant contrefait, je dérivais tout aussi bien sur la mer des délices. Les moments les plus doux étaient cependant ceux où nous parlions. De nous. Seulement de nous.

– Tituba, sais-tu ce que c’est qu’être un Juif? Dès 629, les Mérovingiens de France ont ordonné notre expulsion de leur royaume. Après le IVe concile du pape Innocent III, les Juifs ont dû porter une marque circulaire sur leurs habits et se couvrir le chef. Richard Cœur de Lion avant de partir en croisade ordonna un assaut général contre les Juifs. Sais-tu combien d’entre nous ont perdu la vie sous l’Inquisition?

Je ne demeurais pas en reste et l’interrompais :

– Et nous, sais-tu combien d’entre nous saignent depuis les côtes d’Afriques?

Mais il reprenait :

– En 1298, les Juifs de Rottingen furent tous occis et la vague de meurtres s’étendit à la Bavière et à l’Autriche… En 1336, c’est du Rhin à la Bohême et à la Moravie que nous éparpillions notre sang!

Il me battait à tous les coups.

Une nuit où nous avions dérivé plus violemment qu’à l’ordinaire, Benjamin murmura passionnément :

– Il y a toujours une ombre au fond de tes yeux, Tituba. Qu’est-ce que je peux te donner pour que tu sois heureuse ou presque?

– La liberté

Les mots étaient partis sans que je puisse les retenir. Il me fixa de ses yeux bouleversés :

– La liberté! Mais qu’en ferais-tu?

– Je prendrais place sur u de vos navires et partirais aussitôt pour ma Barbade.

Son visage se durcit et je le reconnus à peine :

– Jamais, jamais, tu m’entends, car si tu pars, je la perdrai une deuxième fois. Ne me parle jamais plus de cela.

Nous n’en parlâmes plus jamais. Les propos sur l’oreiller ont la consistance de ceux des rêves et présentent cette particularité qu’ils peuvent être aisément oubliés.

Extrait de: Moi, Tituba sorcière…, Maryse Condé, Mercure de France, 1986

Isabelle Nazare-Aga, Les manipulateurs sont parmis nous

Isabelle Nazare-Aga, Les manipulateurs sont parmis nous

Le manipulateur et la responsabilité

La démission

La démission face aux engagements, aux promesses et aux tâches incombant à son rôle spécifique (professionnel, parental) est fréquente chez le manipulateur. En se démettant de ses responsabilités, il les reporte sur autrui ou sur un système (société, loi, entreprise, supérieur hiérarchique, etc.). Malgré les apparences, il craint d’endosser ses responsabilités.

[…]

La non-décision

[…]

Collaborer avec un supérieur hiérarchique manipulateur engendre un grand stress. L’incertitude sur ce qu’il est bon de faire ou de ne pas faire devient une constante et provoque le doute quant aux capacités de chacun. Cela rappelle la situation du double bind (double contrainte): si vous ne prenez pas d’initiatives ou de décisions (à la place du manipulateur), vous avez tort, vous êtes qualifié d’incapable. Mais quand vous décidez seul et que cette décision n’amène pas les résultats escomptés, vous avez aussi tort et vous donnez une occasion supplémentaire au manipulateur de vous faire croire que cela est une preuve de votre incapacité. Tout se joue comme si vous deviez avoir tout pouvoir sur les événements. Cette situation est horriblement confuse pour celui qui la vit.

Saviez-vous qu’un manipulateur peut saboter votre processus décisionnel afin que vous obteniez de mauvais résultats? Bien entendu, s’il fait partie de l’équipe dans laquelle vous travaillez, il tiendra un discours sur la souffrance de vous voir si minable et incapable, plutôt que d’assimiler la situation à sa propre responsabilité. Pour se décharger de toute culpabilité, il reportera la responsabilité d’une décision sur les autres (même si c’est lui qui les a fortement influencés à prendre cette décision). Il suffit pour lui de ne pas donner les informations indispensables. Il n’est pas clair, il fuit les questions, il fuit les personnes et retient les informations de son côté. Le manipulateur agit de manière que vous vous sentiez responsable des erreurs en utilisant les croyances mises en place depuis votre plus tendre enfance. Penser systématiquement que vous n’auriez pas dû faire ce choix et que vous avez donc agi stupidement est votre première faiblesse. Il va l’exploiter immédiatement comme s’il s’agissait d’une vérité, et va s’arranger pour entretenir le malaise. Apparaissent alors de puissants sentiments de culpabilité et de dévalorisation. Vous pouvez vous les créer tout seul; mais ils sont indéniablement amplifiés par cet être qui insistera sur votre incompétence et votre responsabilité dans un choix qui se révèle être mauvais pour tout le monde et pour lui-même, bien sûr. Si vous souhaitez lutter contre les manipulateurs, remettez en cause vos propres croyances. Ces fausses idées sur la responsabilité et la culpabilité vous rendent incroyablement vulnérable aux attaques d’un manipulateur. Ces idées sont le plus souvent irrationnelles. Mais vous ne le savez pas, car vous y croyez. La protection face aux manipulateurs de notre entourage implique une sérieuse remise en question de notre interprétation de la réalité. Le manipulateur est doué pour nous faire entrevoir la réalité comme il le souhaite. Si nous ne la percevons pas correctement, il réussira très facilement à le découvrir et utilisera nos propres croyances pour nous déstabiliser!

Extrait de: les manipulateurs sont parmi nous, Isabelle Nazare-Aga, Édition de l’Homme, 2013.

Moussa Nabati, Le Bonheur d’être soi

Moussa Nabati, Le Bonheur d’être soi

L’amour!

«Ils se marièrent. Ils furent heureux et ils eurent beaucoup d’enfants.» C’est ainsi que se terminent les histoires d’amour à l’eau de rose, dans les livres ou sur les écrans de cinéma, et les contes pour enfants. Cependant, les vraies histoires de couple ne commencent qu’après le mariage, une fois passé le coup de foudre de la première rencontre et décrochés les lampions de la fête. Mais pourquoi certains coulent-ils une vie conjugale heureuse, dans la complicité et le dialogue, alors que d’autres la passent dans l’incommunicabilité et l’insatisfaction ? Pourquoi l’union a priori si naturelle et si simple entre l’homme et la femme se transforme-t-elle parfois en gageure, voire en impasse ? Ici aussi c’est l’enfant intérieur qui préside à la destinée du couple et à son bonheur.

[…]

L’enfant intérieur se comporte en effet en ange gardien, producteur de bonheur, lorsque l’adulte est parvenu à devenir lui-même, jouissant d’une intériorité propre et d’une autonomie psychique, à distance de la culpabilité et de la DIP*, consécutives à la carence narcissique enfantine. Dans le cas contraire, il agit en démon pour contrecarrer l’épanouissement de la vie sexuelle et amoureuse de l’adulte qui en est porteur. Celui-ci ne pourra, de toute évidence, aimer l’autre sexe en étant porté par le désir d’entrer en relation avec lui que s’il s’aime et s’il accepte son corps sexué. Or cela n’est possible que s’il a été désiré dans son enfance, pour ce qu’il était, dans son corps de fille ou de garçon. L’«enfant accident», non désiré, victime de désamour, ou l’« enfant bouche-trou », conçu pour remplacer un cadet décédé, éprouveront certaines difficultés à vivre, à travers une bonne image d’eux-mêmes, des relations d’amour heureuses. Ils seront touchés par la DIP et par la culpabilité d’avoir été rejetés, négligés.

[…]

Certains croient que s’ils n’aiment pas leur corps et la sexualité, s’ils ne se trouvent pas « bien dans leur peau», c’est en raison d’une disgrâce réelle – une forte corpulence, un nez tordu, une poitrine minuscule ou proéminente. Ils se laissent donc charcuter complaisamment par le bistouri du chirurgien ou s’imposent des régimes alimentaires draconiens et masochistes dans l’espoir de remodeler certaines parties de leur corps. Ils s’épuisent au fond à faire correspondre la réalité de leur corps à une norme, à une image idéale commerciale. Cependant, un défaut physique, qu’il soit réel ou imaginaire, n’est jamais à l’origine de la mauvaise image de soi. Celle-ci provient de la DIP, consécutive à une privation narcissique subie par l’enfant intérieur, à un manque d’amour maternel. Quand on s’aime et qu’on s’accepte, on se trouve beau et bon! Pour ces motifs, l’adulte privé de confiance en lui, doutant de sa beauté et de son intelligence, s’arrange inconsciemment pour se retrouver de façon répétée dans des contextes d’échec, de rupture sentimentale et de solitude. Il lui sera évidemment impossible de prévenir ces souffrances ou d’y remédier sur le mode réel, concret, en appliquant telle recette, ou en pratiquant telle activité sportive. Des millions de personnes se laissent berner, depuis quelques décennies, par des illusions semblables. Ils contribuent, sans le savoir, à l’enrichissement et au bonheur des marchands de yaourts et de pommades ! L’épanouissement de la relation amoureuse, l’ingrédient essentiel du bonheur, dépend en outre de l’acceptation par chacun de la différence des sexes et des générations, mais surtout des psychismes, des personnalités, des façons d’être au monde dissemblables.

*Dépression Infantile Précoce

Extrait de: Le Bonheur d’être soi, Moussa Nabati, Librairie Arthéme Fayard, 2006.

Extrait du message du Dr Deray circulant sur le réseau social Whatsapp

Par le Pr Gilbert DERAY, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris.

Coronavirus, attention danger, mais pas celui que vous croyez.

Depuis 30 ans, de mon observatoire hospitalier, j’ai vécu de nombreuses crises sanitaires, HIV, SRAS, MERS, résurgence de la tuberculose, bactéries multi-résistantes, nous les avons gérées dans le calme et très efficacement.
Aucune n’a donné lieu à la panique actuelle.

Je n’ai jamais vécu un tel degré d’inquiétude pour une maladie infectieuse et d’ailleurs pour aucune autre.

Et pourtant, Je ne suis pas inquiet quant aux conséquences médicales du Coronavirus. Rien dans les chiffres actuels sur la mortalité et la diffusion du virus ne justifie la panique mondiale sanitaire et surtout économique.
Les mesures prises sont adaptées et efficaces et elles permettront le contrôle de l’épidémie. C’est déjà le cas en Chine, foyer initial et de loin le plus important de cet agent infectieux, ou l’épidémie est en train de s’éteindre.
L’avenir proche dira si je me suis trompé.

Par contre,

  • Je suis inquiet des vols de masques et que ceux nécessaires à la protection des personnels soignants et des personnes à risque, nos anciens et celles déjà malades, en particulier les patients immunodéprimés, soient distribués pour une efficacité nulle dans les aéroports, les cafés et les centres commerciaux.
  • Je suis inquiet des vols de gels nettoyants.
  • Je suis inquiet de ces rixes pour acheter du papier toilette et des boîtes de riz et de pates.
  • Je suis inquiet de cette terreur qui conduit à faire des stocks obscènes de nourriture dans des pays où elle est disponible dans une abondance tout aussi obscène.
  • Je suis inquiet pour nos anciens déjà seuls et qu’il ne faut plus ni voir ni toucher de peur de les tuer. Ils mourront plus vite mais « seulement « de solitude. Nous avions l’habitude de ne pas rendre visite à nos parents et grands-parents si nous avions la grippe, pas de les éviter « au cas où » et pour une durée indéterminée, ce n’est en rien différent pour le coronavirus
  • Je suis inquiet que la santé ne devienne un objet de communication belliqueuse et de conflit comme un autre, alors qu’elle devrait être une cause ultime de lutte dans le rassemblement.
  • Je suis inquiet que notre système de santé, déjà en grandes difficultés, soit prochainement débordé par un afflux de malades au moindre signe de syndrome grippal. Ce sont alors toutes les autres maladies que nous ne pourrons prendre en charge. Un infarctus du myocarde ou une appendicite ce sont toujours des urgences, un virus rarement.
    La couverture médiatique sur le coronavirus est très anxiogène et elle participe à l’affolement de chacun.

Cela conduit aux théories du complot les plus folles du genre, « ils nous cachent quelque chose ». Rien n’est obscur, c’est impossible en médecine dans ce monde du numérique ou la connaissance scientifique est immédiate et sans filtre.
Le coronavirus ne tue (presque) que les organismes déjà fragiles.

Je suis inquiet que ce minuscule être vivant ne fasse que dévoiler les immenses fractures et fragilités de nos sociétés. Les morts qui se compteront alors par millions seront ceux de l’affrontement des individus dans l’indifférence totale de l’intérêt collectif.

Gilbert DERAY, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris

Omar Bongo, Vingt ans de Rénovation

Omar Bongo, Vingt ans de Rénovation

L’économie politique : une question de bon sens

Il ne s’agit pas, pour nous Gabonais, de chercher à définir « à priori » un régime politique et économique quelconque, qui ne serait d’ailleurs, comme c’est presque toujours le cas, qu’un replâtrage de systèmes appliqués dans d’autre pays; ce que nous voulons, c’est bâtir un État et pratiquer une politique qui soit en harmonie avec le milieu sociologique environnant. Or le milieu sociologique sociologique est différent dans les pays en voie de développement de ce qu’il est dans les pays développés et il est différent au Gabon de ce qu’il est dans de nombreux pays, en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Je m’explique : dans la plupart des pays en voie de développement, le grand problème est de faire vivre, c’est-à-dire de nourrir suffisamment, une population qui s’accroît plus vite que ne se développe la production agricole de ces pays. Au Gabon, le problème de nutrition comme celui de l’emploi ne sont pas alarmants; ce qui importe au premier chef, c’est de favoriser l’exploitation des ressources naturelles et d’améliorer les voies de communication, autrement dit, d’entreprendre de grands travauxdont les effets divers profiteront à la population tout entière. Au Gabon, si la population doublait dans les vingt années à venir, ce que je souhaite, le niveau de vie, prévisible n’en serait pas affecté, peut être même serait-il amélioré. Dans de nombreux pays en voie de développement, si une telle éventualité se réalisait, les conséquences pour toute une population seraient catastrophiques. Compte tenu de cette situation particulière nous devons adopter une attitude politique qui soit adaptée à nos valeurs propres et aux exigences de notre développement. Cette attitude, je me refuse à la couler dans un moule et à lui appliquer une étiquette qui conduirait certains observateurs – toujours bien intentionnés, cela va sans dire!! – à la rattacher à telle ou telle grande tendance politique qui se manifeste dans le monde et dont nous serions ensuite plus ou moins prisonniers.

Le libéralisme économique est pour nous une simple question de bon sens. Nous devons réaliser, dans un délai raisonnable de quelques années, disons avant 1975 ou 1980, un certain nombre de grands projets industriels et miniers dans les effets d’entrainement prévisibles sur l’économie du pays sont essentiels au développement du Gabon. Or, il est clair que l’État, bien qu’il soit appelé par la force des choses à jouer un rôle déterminant d’impulsion, d’orientation et de contrôle, est loin d’avoir les moyens d’assumer la totalité du « fardeau » financier qu’implique cet ensemble de réalisations. Nous devons donc faire appel, non seulement à l’aide d’organismes internationaux, comme cela a été le cas pour le port, mais encore à l’aide de pays industrialisés amis et au concours de banques et sociétés privées. C’est même là une des tâches essentielles, et non la moins ardue, du gouvernement.

Dans cette perspective, tous ceux qui nous font confiance en investissant au Gabon sont assurés de trouver auprès des autorités, un accueil amical et compréhensif et un souci d’équité et de dignité, à notre œuvre de progrès et de développement. Cette liberté n’est pas seulement garantie par les textes qui protègent la propriété privée, elle a reçu une concrétisation décisive avec notre Code des Investissements, un des plus libéraux d’Afrique, qui prévoit des régimes préférentiels douaniers et fiscaux en faveur des entreprises qui coopèrent à la mise en valeur du pays et qui garantit le libre rapatriement des bénéfices.

Car s’il est juste que notre pays soit le premier bénéficiaire du développement de son économie, il est également équitable que les investisseurs retirent une juste rémunération des capitaux immobilisés sur notre territoire. Dans ce domaine, nous collaborons efficacement avec tous les hommes de bonne volonté, à la seule condition qu’ils s’abstiennent de tout ingérence dans nos affaires intérieures ou n’adoptent des attitudes inconciliables avec notre indépendance ou notre souverainenté.

Omar Bongo
« Gouverner le Gabon »

Extrait de Omar Bongo, Vingt ans de Rénovation, sous la direction du Dr M.E. Chambrier-Rahandi, Éditions du P.D.G.

Guy V. Amou, Les racines du Bonkul rêvent de silence

Guy V. Amou, Les racines du Bonkul rêvent de silence

Vieillesse

Je me suis surpris
Récemment à remuer
Les lèvres sur des mots muets.
Me voici donc affublé
A mon tour de ce tri égoïste
Qui, jadis, nous inspirait
De brusques envies de déserter
Le voisinage troublant des vieillards.
Ainsi, plus le regard acquiert
De science, moins la langue
Obéit à la démangeaison
Des causes défendables.
Plus les harmattans se bousculent
Dans le grenier de la mémoire,
Mieux la gorge découvre
La volupté des souffles contenus.
Je nais au silence fébrile.
Je suis détachement espiègle.
J’aborde au rivage des sonorités
Proscrites aux bouches
Mortes aux soifs excessifs.

Guy V. Amou, Les racines du bonkul rêvent de silence, Les Éditions GRENIER 2010

Un simple témoignage, en avant-première, sur l’œuvre « La Méthode Ka » par Isabelle Fotsing.

Un simple témoignage, en avant-première, sur l’œuvre « La Méthode Ka » par Isabelle Fotsing.

Isabelle est à la fois une jeune professionnelle, une femme entrepreneure mais surtout une F.A.M.E Amazone qui organise chaque été le Gala Afritude en marge de plusieurs autres activités à destination de la Diaspora africaine et des communautés ethniques. Amatrice de lecture, elle a s’est penché en avant-première sur les publications de l’œuvre de composition du Livre de « La Méthode Ka ». Elle nous fait ici un témoignage simple des impressions issues de son expérience de découverte…

J’aime les livres. Je les aime vraiment beaucoup. Avec le temps j’en ai lu quelques-uns, et je voudrais pouvoir les lire tous.  Mais souvent il faut choisir.  Généralement on reste sur des auteurs/sujets auxquels on est habitué; souvent on se fie aux recommandations de proches ou d’experts; quelque fois ce sont des illustrations ou des mots qui accrochent l’œil au passage; mais dans bien des cas c’est un peu par hasard qu’on se retrouve en présence de livres qui finissent par nous marquer.  Pour « La Méthode Ka », c’était un peu de tout ça à la fois, et en même temps quelque chose de différent.

La promesse de lecture – « des réponses pratiques à des problématiques simples dont les implications et les enjeux sont critiques », « un modèle conceptuel pour des stratégies d’affaires adaptée au profil ethnique », « une œuvre sur l’entrepreneuriat ethnique par un (serial) entrepreneur ethnique » – a immédiatement piqué ma curiosité à vif.  C’était la 1ère fois que moi j’allais voir formulée formellement une thèse sur l’entrepreneuriat ethnique : j’avais hâte de savoir s’il y avait véritablement une singularité chez les entrepreneurs issus des minorités ou de l’immigration. J’avais encore plus hâte de découvrir si ce serait dû au contexte ou à l’identité, et donc si ça aiderait à expliquer le monde tel qu’il est et/ou à le bâtir tel qu’on voudrait.  J’étais très intéressée par la perspective d’avoir un regard interne sur le sujet, et en même temps curieuse de savoir s’il serait biaisé, trop dur ou trop indulgent. Mon œil avait flashé sur le « réponses pratiques » et je me réjouissais d’avance de voir parler d’action et de concret (c’est que j’aime bien les théories, mais à force d’en lire et d’en entendre, j’ai développé un petit faible pour celles qui s’appliquent aussi dans la « vraie » vie). Après avoir commencé ma lecture de la série d’ouvrages, je dois dire que « La Méthode Ka » semble être ce qu’elle promet d’être, et bien plus.

J’ai tout de suite été saisie par le talent de l’auteur. Il ne fait pas qu’écrire, il peint avec les mots. Il les maitrise, les compose, les agence, les fait découvrir sous d’autres angles…son style ajoute du sens et de la profondeur à ce qui pourrait paraitre anodin.

Mais au-delà de la forme, ce que je retiens de mes 1ères lectures – et je pense que c’est là que réside l’élégance de « La Méthode Ka » – c’est de réussir à dépasser l’entrepreneuriat comme un métier/fonction socioéconomique, pour considérer l’entrepreneur dans son intégralité de personne multidimensionnelle avec une histoire, une culture, une spiritualité, une identité, et une individualité. Il en ressort que l’œuvre est intensément humaine, avec ses moments drôles, ses moments de joie, ses moments tristes, ses moments de remise en question, ses moments de quête de sens, et en même temps profondément humaniste.

Et puisqu’on en parle, attendez-vous donc à rencontrer une œuvre qui traite de plusieurs sujets/dimensions, mais qui en aucun cas ne les traite à la légère. Chaque mot a l’air choisi pour être exactement où il est placé, et certains mots on l’air d’abriter derrière eux des livres complets.

J’ai encore beaucoup de lectures à faire et d’impressions à partager d’ici à ce que j’ai fini la série, mais j’ai déjà la ferme intuition que « La Méthode Ka » fait partie de ces œuvres qui deviennent des classiques avant qu’on ait eu le temps de réaliser.

Merci d’avoir lu ce premier témoignage et surtout de l’avoir aimé. Il est léger et fait dans la promotion utile, par partage d’information sur des eBooks, livres électroniques, et non « livres-egocentriques » fait pour s’auto flatter dans le cadre de son branding personnel. car il s’agit ici d’une œuvre et d’une cause qui engage l’individu et sa communauté devant Dieu et son panthéon. Ce qui ressort bien c’est l’aspect multidimensionnel de l’entrepreneuriat qu’on nous a un peu ravi pour en faire un paradis pour nos envies de sophistication. Or l’art informel de nos ventes simples s’adapte plutôt à la qualité de la vie de nos acteurs et de nos communautés. Merci Isabelle pour ces mots et j’encourage ceux qui savent que l’Homme, l’Africain, n’est jamais sorti de l’Histoire mais n’a tout simplement jamais cru nécessaire, jusqu’ici, de rugir pour la régir; à ceux-ci donc, je vous demande de rester à l’écoute et à commencer votre collection des livres de cette œuvre unique dans notre ère marquée par la législation du Temps:

Les livres disponibles à ce jour: https://www.amazon.com/author/arnaudsegla

Yves Alavo, Bleu de lune et Soleil d’or

Yves Alavo, Bleu de lune et Soleil d’or

L’île de Gorée

Aux sœurs et aux frères, partis d’Afrique enrichir l’Europe et les Amériques.

GORÉE advient
Dignité féminine et orgueil masculin
Génie des sources profondes et mystiques
Mame-Coumba Castel divine et sensuelle reine
Roches volcaniques sur la pointe occidentale du Continent
Antre historique et première tombe vers le Nouveau Monde

GORÉE transcende
Emblème universel du génocide de vingt millions d’Africains
Porte perpétuelle de la Déportation négrière
Fenêtre du Musée du commerce humain
Culte et sang versé sur l’autel inhumain
Transgression et Rédemption, interdit et violence
Tabou et misère fu patrimoine mondial

GORÉE surgit
Île sorcière et phare spirituel
Au cadran éternel
À l’heure de la réconciliation humaine

GORÉE croît
Généalogie féconde sur le versant des Amériques
Au sein du monde séminal dans l’acte d’union
De la mer du ciel et de la terre

GORÉE inonde
Flots troubles symphonie des sons magiques
Au concert de la culture polyphonique
Musiques retrouvées tissant l’arc acoustique du globe

GORÉE éclate
Pierre angulaire foudre feux cathartiques
Pyramides insulaire
Délivre le message nègre à l’Humanité

Yves Alavo, Bleu de lune et Soleil d’or, Édition Christian Feuillette 2007

Découverte libre

Découverte libre

Salut,

Les 4 livres de la collection “Le Cri de la Calebasse” sont en découverte libre le dimanche 29 et le lundi 30 juillet 2018 sur Amazon.

Vous aurez besoin de l’Application Kindle pour les lire si vous ne l’avez pas déjà.

Seul Deal en retour mettre un commentaire d’appréciation ou non sur Amazon.

Merci d’avance pour votre collaboration.

A.

 

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His Excellency Osagyefo Dr Kwame Nkrumah President of the Republic of Ghana

His Excellency Osagyefo Dr Kwame Nkrumah President of the Republic of Ghana

INAUGURATION SPEECH OF THE FIRST OAU CONFERENCE IN ADDIS ABABA ETHIOPIA 1963 BY;

His Excellency Osagyefo Dr Kwame Nkrumah President of the Republic of Ghana

Your Excellences, Colleagues, Brothers and Friends,

At the first gathering of African Heads of State, to which I had the honour of playing host, there were representatives of eight independent States only. Today, five years later, we meet as the representatives of no less than thirty-two States, the guests of His Imperial Majesty, Haile Selassie, the First, and the Government and people of Ethiopia. To His Imperial Majesty, I wish to express, on behalf of the Government and people of Ghana my deep appreciation for
a most cordial welcome and generous hospitality.

The increase in our number in this short space of time is open testimony to the indomitable and irresistible surge of our peoples for independence. It is also a token of the revolutionary speed of world events in the latter half of this century. In the task which is before us of unifying our continent we must fall in with that pace or be left behind. The task cannot be attached in the tempo of any other age than our own. To fall behind the unprecedented momentum of actions and events in our time will be to court failure and our own undoing.

A whole continent has imposed a mandate upon us to lay the foundation of our Union at this Conference. It is our responsibility to execute this mandate by creating here and now the formula upon which the requisite superstructure may be erected.

On this continent it has not taken us long to discover that the struggle against colonialism does not end with the attainment of national independence. Independence is only the prelude to a new and more involved struggle for the right to conduct our own economic and social affairs; to construct our society according to our aspirations, unhampered by crushing and humiliating neo-colonialist controls and
interference.

From the start we have been threatened with frustration where rapid change is imperative and with instability where sustained effort and ordered rule are indispensable.

No sporadic act nor pious resolution can resolve our present problems. Nothing will be of avail, except the united act of a united Africa. We have already reached, the stage where we must unite or sink into that
condition which has made Latin America the unwilling and distressed prey of imperialism after one and a half centuries of political independence.

As a continent we have emerged into independence in a different age, with imperialism grown stronger, more ruthless and experienced, and more dangerous in its international associations. Our economic advancement demands the end of colonialist and neo-colonialist domination in Africa.

But just as we understood that the shaping of our national destinies required of each of us our political independence and bent all our strength to this attainment, so we must recognise that our economic independence resides in our African union and requires the same concentration upon the political achievement.

The unity of our continent, no less than our separate independence, will be delayed if, indeed, we do not lose it, by hobnobbing with colonialism. African Unity is, above all, a political kingdom which can only be gained by political means. The social and economic development of Africa will come only within the political kingdom, not
the other way around. The United States of America, the Union of  Soviet Socialist Republics, were the political decisions of revolutionary peoples before they became mighty realities of social power and material wealth.

How, except by our united efforts, will the richest and still enslaved parts of our continent be freed from colonial occupation and become available to us for the total development of our continent? Every step in the decolonisation of our continent has brought greater resistance in those areas where colonial garrisons are available to colonialism.

This is the great design of the imperialist interests that buttress colonialism and neo-colonialism, and we would be deceiving ourselves in the most cruel way were we to regard their individual actions as separate and unrelated. When Portugal violates Senegal’s border, when Verwoed allocated one-seventh of South Africa’s budget to military and
police, when France builds as part of her defence policy an interventionist force that can intervene, more especially in French-speaking Africa, when Welensky talks of Southern Rhodesia joining South Africa, it is all part of a carefully calculated pattern working towards a single end: the continued enslavement of our still dependent brothers and an onslaught upon the independence of our sovereign African States.

Do we have any other weapon against this design but our unity? Is not our unity essential to guard our own freedom as well as to win freedom for our oppressed brothers, the Freedom Fighters?

Is it not unity alone that can weld us into an effective force, capable of creating our own progress and making our valuable contribution to world peace? Which independent African State will claim that its financial structure and banking institutions are fully harnessed to its national development? Which will claim that its material resources and human energies are available for its own national aspirations? Which will disclaim a substantial measure of disappointment and disillusionment in its agricultural and urban development?

In independent Africa we are already re-experiencing the instability and frustration which existed under colonial rule. We are fast learning that political independence is not enough to rid us of the consequences of colonial rule.

The movement of the masses of the people of Africa for freedom from that kind of rule was not only a revolt against the conditions which it imposed.

Our people supported us in our fight for independence because they believed that African Governments could cure the ills of the past in a way which could never be accomplished under colonial rule. If, therefore, now that we are independent we allow the same conditions to exist that existed in colonial days, all the resentment which overthrew colonialism will be mobilised against us.

The resources are there. It is for us to marshal them in the active service of our people. Unless we do this by our concerted efforts, within the framework of our combined planning, we shall not progress at the tempo demanded by today’s events and the mood of our people. The symptoms of our troubles will grow, and the troubles themselves
become chronic. It will then be too late even for Pan-African Unity to secure for us stability and tranquillity in our labours for a continent of social justice and material well-being. Unless we establish African Unity now, we who are sitting here today shall tomorrow be the victims and martyrs of neo-colonialism.

There is evidence on every side that the imperialists have not withdrawn from our affairs. There are times, as in the Congo, when their interference is manifest. But generally it is covered up under the clothing of many agencies, which meddle in our domestic affairs, to foment dissension within our borders and to create an atmosphere of tension and political instability. As long as we do not do away with
the root causes of discontent, we lend aid to these neo-colonialist forces, and shall become our own executioners. We cannot ignore the teachings of history.

Our continent is probably the richest in the world for minerals and industrial and agricultural primary materials. From the Congo alone, Western firms exported copper, rubber, cotton, and other goods to the value of 2, 773 billion dollars in the ten years between 1945 and 1955, and from South Africa, Western gold mining companies have drawn
a profit, in the four years, between 1947 to 1951, of 814 billion dollars.

Our continent certainly exceeds all the others in potential hydroelectric power, which some experts assess as 42 per cent of the world’s total. What need is there for us to remain hewers for the industrialised areas of the world?

It is said, of course, that we have no capital, no industrial skill, no communications and no internal markets, and that we cannot even agree among ourselves how best to utilise our resources.

Yet all the stock exchanges in the world are preoccupied with Africa’s gold, diamonds, uranium, platinum, copper and iron ores. Our capital flows out in streams to irrigate the whole system of Western economy. Fifty-two per cent of the gold in Fort Knox at this moment, where the U. S. A. stores its bullion, is believed to have originated from our
shores. Africa provides more than 60 per cent of the world’s gold. A great deal of the uranium for nuclear power, of copper for electronics, of titanium for supersonic projectiles, of iron and steel for heavy industries, of other minerals and raw materials for lighter industries – the basic economic might of the foreign Powers – come from our continent.
Experts have estimated that the Congo basin alone can produce enough food crops to satisfy the requirements of early half the population of the whole world.

For centuries Africa has been the milk cow of the Western world. It was our continent that helped the Western world to build up its accumulated wealth.

It is true that we are now throwing off the yoke of colonialism as fast as we can, but our success in this direction is equally matched by an intense effort on the part of imperialism to continue the exploitation of our resources by creating divisions among us.

When the colonies of the American Continent sought to free themselves from imperialism in the 18th century there was no threat of neo-colonialism in the sense in which we know it today. The American States were therefore free to form and fashion the unity which was best suited to their needs and to frame a constitution to hold their unity together without any form of interference from external sources. We, however, are having to grapple with outside interventions. How much more, then do we need to come together in the African unity that alone can save us from the clutches of neo-colonialism.

We have the resources. It was colonialism in the first place that prevented us from accumulating the effective capital; but we ourselves have failed to make full use of our power in independence to mobilise our resources for the most effective take-off into thorough going economic and social development. We have been too busy nursing our separate States to understand fully the basic need of our union, rooted in common purpose, common planning and common endeavour. A union that ignores these fundamental necessities will be but a shame. It is only by uniting our productive capacity and the resultant production that we can amass capital. And once we start, the momentum will increase. With capital controlled by our own banks, harnessed to our own true industrial and agricultural development, we shall make our advance. We shall accumulate machinery and establish steel works, iron foundries and factories; we shall link the various States of our continent with communications; we shall astound the world with our hydroelectric power; we shall drain marshes and swamps, clear infested areas, feed the under-nourished, and rid our people of parasites and disease. It is within the possibility of science and technology to make even the Sahara bloom into a vast field with verdant vegetation for agricultural and industrial developments. We shall harness the radio, television, giant printing presses to lift our people from the dark recesses of illiteracy.

A decade ago, these would have been visionary words, the fantasies of an idle dreamer. But this is the age in which science has transcended the limits of the material world, and technology has invaded the silences of nature. Time and space have been reduced to unimportant abstractions. Giant machines make roads, clear forests, dig dams,
layout aerodromes; monster trucks and planes distribute goods; huge laboratories manufacture drugs; complicated geological surveys are made; mighty power stations are built; colossal factories erected – all at an incredible speed. The world is no longer moving through bush paths or on camels and donkeys.

We cannot afford to pace our needs, our development, our security to the gait of camels and donkeys. We cannot afford not to cut down the overgrown bush of outmoded attitudes that obstruct our path to the modern open road of the widest and earliest achievement of economic independence and the raising up of the lives of our people to the highest level.

Even for other continents lacking tile resources of Africa, this is the age that sees the end of human want. For us it is a simple matter of grasping with certainty our heritage by using the political might of unity. All we need to do is to develop with our united strength the enormous resources of our continent. A United Africa will provide a stable field of foreign investment, which will encourage as long as it does not behave inimically to our African interests. For such investment would add by its enterprises to the development of the national economy, employment and training of our people, and will be welcome to Africa. In dealing with a united Africa, investors will no longer have to weigh with concern the risks of negotiating with governments in one period which may not exist in the very next period. Instead of dealing or negotiating with so many separate States at a time they will be dealing with one united government pursuing a harmonized continental policy.

What is the alternative to this? If we falter at this stage, and let time pass for neo-colonialism to consolidate its position on this continent, what will be the fate of our people who have put their trust in us? What will be the fate of our freedom fighters? What will be the fate of other African Territories that are not yet free?

Unless we can establish great industrial complexes in Africa – which we can only do in united Africa – we must have our peasantry to the mercy of foreign cash crop markets, and face the same unrest which overthrew the colonialists? What use to the farmer is education and mechanisation, what use is even capital for development; unless we can
ensure for him and a fair price and ready market? What has the peasant, worker and farmer gained from political independence, unless we can ensure for him a fair return for his labour and a higher standard of living?

Unless we can establish great industrial complexes in Africa, what have the urban worker, and all those peasants on overcrowded land gained from political independence? If they are to remain unemployed or in unskilled occupation, what will avail them the better facilities for education, technical training, energy and ambition which independence enables us to provide?

There is hardly any African State without frontier problem with its adjacent neighbours. It would be futile for me to enumerate them because they are already familiar to us all. But let me suggest to Your Excellences, that this fatal relic of colonialism will drive us to war against one another as our unplanned and uncoordinated industrial development expands, just as happened in Europe. Unless we succeed in arresting the danger through mutual understanding on fundamental issues and through African Unity, which will render existing boundaries obsolete and superfluous, we shall have fought in vain for independence. Only African Unity can heal this festering sore of boundary disputes between our various States. Your Excellences, the remedy for these ills is ready to our hand. It stares us in the face at every customs barrier, it shouts to us from every African heart. By creating a true political union of all the independent States of Africa, we can tackle hopefully every emergency, every enemy and every
complexity. This is not because we are a race of superman, but because we have emerged in the age of science and technology in which poverty, ignorance and disease are no longer the masters, but the retreating foes of mankind. We have emerged in the age of socialized planning, when production and distribution are not governed by chaos, greed and self-interest, but by social needs. Together with the rest of mankind, we have awakened from Utopian dreams to pursue practical blueprints for progress and social justice.

Above all, we have emerged at a time when a continental land mass like Africa with its population approaching three hundred million are necessary to the economic capitalization and profitability of modern productive methods and techniques. Not one of us working singly and individually can successfully attain the fullest development. Certainly, in the circumstances, it will not be possible to give adequate assistance to sister States trying, against the most difficult conditions, to improve their economic and social structures. Only a united Africa functioning under a Union Government can forcefully mobilize the material and moral resources of our separate countries and apply them efficiently and energetically to bring a rapid change in the conditions of our people.

If we do not approach the problems in Africa with a common front and a common purpose, we shall be haggling and wrangling among ourselves until we are colonized again and become the tolls of a far greater colonialism than we suffered hitherto.

Unite we must. Without necessarily sacrificing our sovereignties, big or small, we can, here and now, forge a political union based on Defence, Foreign Affairs and Diplomacy, and a common Citizenship, an African currency, an African Monetary Zone and an African Central Bank. We must unite in order to achieve the full liberation of our continent. We need a common Defence system with an African High Command to ensure the stability and security of Africa.

We have been charged with this sacred task by our own people, and we cannot betray their trust by failing them. We will be mocking the hopes of our people if we show the slightest hesitation or delay by tackling realistically this question of African Unity.

The supply of arms or other military aid to the colonial oppressors in Africa must be regarded not only as aid in the vanquishment of the freedom fighters battling for their African independence, but as an act of aggression against the whole of Africa. How can we meet this aggression except by the full weight of our united strength?

Many of us have made non-alignment an article of faith on this continent. We have no wish, and no intention of being drawn into the Cold War. But with the present weakness and insecurity of our States in the context of world politics, the search for bases and spheres of influence brings the Cold War into Africa with its danger of nuclear
warfare. Africa should be declared a nuclear-free zone and freed from cold war exigencies. But we cannot make this demand mandatory unless we support it from a position of strength to be found only in our unity.

Instead, many Independent African States are involved by military pacts with the former colonial powers. The stability and security which such devices seek to establish are illusory, for the metropolitan Powers seize the opportunity to support their neo-colonialist controls by direct military involvement. We have seen how the neo-colonialists use their bases to entrench themselves and attack neighbouring independent States. Such bases are centers of tension and potential danger spots of military conflict. They threaten the security not only of the country in which they are situated but of neighbouring countries as well. How can we hope to make Africa a nuclear-free zone and independent of cold war pressure with such military involvement on our continent? Only by counter-balancing a
common defence force with a common defence policy based upon our desire for an Africa untrammelled by foreign dictation or military and nuclear presence. This will require an all-embracing African High Command, especially if the military pacts with the imperialists are to be renounced. It is the only way we can break these direct links
between the colonialism of the past and the neo-colonialism which disrupts us today.

We do not want nor do we visualize an African High Command in the terms of the power politics that now rule a great part of the world, but as an essential and indispensable instrument for ensuring stability and security in Africa.

We need a unified economic planning for Africa. Until the economic power of Africa is in our hands, the masses can have no real concern and no real interest for safeguarding our security, for ensuring the stability of our regimes, and for bending their strength to the fulfilment of our ends. With our united resources, energies and talents we have the means, as soon as we show the will, to transform the economic structures of our individual States from poverty to that of wealth, from, inequality to the satisfaction of popular needs. Only on a continental basis shall we be able to plan the proper utilisation of all our resources for the full development of our continent.

How else will we retain our own capital for our development? How else will we establish an internal market for our own industries? By belonging to different economic zones, how will we break down the currency and trading barriers between African States, and how will the economically stronger amongst us be able to assist the weaker and less developed States?

It is important to remember that independent financing and independent development cannot take place without an independent currency. A currency system that is backed by the resources of a foreign State is ipso facto subject to the trade and financial arrangements of that foreign country.

Because we have so many customs and currency barriers as a result of being subject to the different currency systems of foreign powers, this has served to widen the gap between us in Africa. How, for example, can related communities and families trade with, and support one another successfully, if they find themselves divided by national boundaries and currency restrictions? The only alternative open to them in these circumstances, is to use smuggled currency and enrich national and international racketeers and crooks who prey upon our financial and economic difficulties.

No independent African State today by itself has a chance to follow an independent course of economic development, and many of us who have tried to do this have been almost ruined or have had to return to the fold of the former colonial rulers. This position will not change unless we have unified policy working at the continental level. The first step towards our cohesive economy would be a unified monetary zone, with, initially, an agreed common parity for our currencies. To facilitate this arrangement, Ghana would change to a decimal system. When we find that the arrangement of a fixed common parity is working successfully, there would seem to be no reason for not instituting one
common currency and a single bank of issue. With a common currency from one common bank of issue we should be able to stand erect on our own feet because such an arrangement would be fully backed by the combined national products of the States composing the union. After all, the purchasing power of money depends on productivity and the productive exploitation of the natural, human and physical resources of the nation.

While we are assuring our stability by a common defence system, and our economy is being orientated beyond foreign control by a Common currency, Monetary Zone and Central Bank of Issue, we can investigate the resources of our continent. We can begin to ascertain whether in reality we are the richest, and not, as we have been taught to believe, the poorest among the continents. We can determine whether we possess the largest potential in hydroelectric power, and whether we can harness it and other sources of energy to our own industries. We can proceed to plan our industrialization on a continental scale, and to build up a common market for nearly three hundred million people.

Common Continental Planning for the Industrial and Agricultural development of Africa is a vital necessity.

So many blessings must flow from our unity; so many disasters must follow on our continued disunity, that our failure to unite today will not be attributed by posterity only to faulty reasoning and lack of courage, but to our capitulation before the forces of imperialism.

The hour of history which has brought us to this assembly is a revolutionary hour. It is the hour of decision. For the first time,
the economic imperialism which menaces us is itself challenged by the irresistible will of our people.

The masses of the people of Africa are crying for unity. The people of Africa call for a breaking down of boundaries that keep them apart. They demand an end to the border disputes between sister African States – disputes that arise out of the artificial barriers that divided us. It was colonialism’s purpose that left us with our border irredentism that rejected our ethnic and cultural fusion.

Our people call for unity so that they may not lose their patrimony in the perpetual service of neo-colonialism. In their fervent push for unity, they understand that only its realization will give full meaning to their freedom and our African independence.

It is this popular determination that must move us on to a Union of Independent African States. In delay lies danger to our well-being, to tour very existence as free States. It has been suggested that our approach of unity should be gradual, that it should go piece-meal. This point of view conceives of Africa as a static entity with “frozen” problems which can be eliminated one by one and when all have been cleared then we can come together and say: “Now all is well. Let us unite”. This view takes no account of the impact of external pressures. Nor does it take cognizance of the danger that delay can deepen our isolations and exclusiveness; that it can enlarge our differences and set us drifting further and further apart into the net of neo-colonialism, so that our union will become nothing but a fading hope, and the great design of Africa’s full redemption will be lost, perhaps, forever.

The view is also expressed that our difficulties could be resolved simply by a greater collaboration through cooperative association in our inter-territorial relationships. This way of looking at our problems denies a proper conception of their inter-relationship and mutuality. It denies faith in a future for African advancement, in African independence. It betrays a sense of solution only in continued reliance upon external sources through bilateral agreements for economic and other forms of aid.

The fact is that although we have been cooperating and associating with one another in various fields of common endeavour even before colonial times, this has not given us the continental identity and the political and economic force which would help us to deal effectively with the complicated problems confronting us in Africa today. As far as foreign aid is concerned, a United Africa would be in a more favourable position to attract assistance from foreign sources. There is the far more compelling advantage which this arrangement offers, in that aid will come from anywhere to Africa because our bargaining power would become infinitely greater. We shall no longer be dependent upon aid from restricted sources. We shall have the world to choose
from.

What are we looking for in Africa? Are we looking for Charters, conceived in the light of the United Nations example? A type of United Nations organisation whose decisions are framed on the basis of resolutions that in our experience have sometimes been ignored by member States? Where groupings are formed and pressures develop in accordance with the interest of the group concerned? Or is it intended that Africa should be turned into a lose organization of States on the model of the organization of the American States, in which the weaker States within it can be at the mercy of the stronger or more powerful
ones politically or economically or at the mercy of some powerful outside nations or group of nations? Is this the kind of association we want for ourselves in the United Africa we all speak of with such feeling and emotion?

Your Excellences, permit me to ask: is this the kind of framework we desire for our United Africa? And arrangement which in future could permit Ghana or Nigeria or the Sudan, or Liberia, or Egypt or Ethiopia for example, to use pressure, which either superior economic or political influence gives, to dictate the flow and the direction of trade from, say, Burundi or Togo or Nyasaland to Mozambique?

We all want a United Africa, united not only in our concept of what unity can connotes, but united in our common desire to move forward together and dealing with all the problems that can best be solved only on a continental basis.

When the first Congress of the United States met many years ago at Philadelphia, one of the delegates sounded the first chore of unity by declaring that they had met in a “state of nature” in other words, they were not at Philadelphia as Virginians, or Pennsylvanians, but simply as Americans. This reference to themselves as Americans was in those days a new and strange experience. May I dare to assert equally on this occasion, Your Excellences that we meet here today not as Ghanaians, Guineans, Egyptians, Algerians, Moroccans, Malians, Liberians, Congolese or Nigerians but as Africans. Africans united in
our resolve to remain here until we have agreed on the basic principles of a new compact of unity among ourselves which guaranties for us and future a new arrangement of continental government.

If we succeed in establishing a new set of principles as the basis of a new Charter or Statute for the establishment of a Continental Unity of Africa and the creation of social and political progress for our people then, in my view, this Conference should mark the end of our various groupings and regional blocs. But if we fail and let this grand and historic opportunity slip by then we should give way to greater dissension and division among us for which the people of Africa will never forgive us. And the popular and progressive forces and movements within Africa will condemn us. I am sure therefore that we should not fail them.

I have spoken at some length, Your Excellences, because it is necessary for us all to explain not only to one another present here
but also to our people who have entrusted to us the fate and destiny of Africa. We must therefore not leave this place until we have set up effective machinery for achieving African Unity. To this end, I now propose for your consideration the following:

As a first step, Your Excellences, a Declaration of Principles uniting and binding us together and to which we must all faithful and loyally adhere, and laying the foundations of unity should be set down. And there should also be a formal declaration that all the Independent African States here and now agree to the establishment of a Union of African States.

As a second and urgent step for the realization of the unification of Africa, an All-Africa Committee of Foreign Ministers be set up now, and that before we rise from this Conference a day should be fixed for them to meet.

This Committee should establish on behalf of the Heads of our Governments, a permanent body of officials and experts to work out a machinery for the Union Government of Africa. This body of officials and experts should be made up of two of the brains from each Independent African State. The various Charters of the existing groupings and other relevant document could also be submitted to the officials and experts. A praesidium consisting of the Head of the Governments of the Independent African States should be call upon to meet and adopt a Constitution and others recommendations that will launch the Union government of Africa.

We must also decide on allocation where this body of officials and experts will work as the new Headquarters or Capital of our Union Government. Some central place in Africa might be the fairest suggestion either at Bangui in the Central African Republic or Leopoldville in Congo. My colleagues may have other proposals. The Committee of Foreign Ministers, officials and experts should be empowered to establish:

1. A Commission to frame a Constitution for a Union Government of African States;
2. A Commission to work out a continent-wide plan for a unified or common economic and industrial programme for Africa; this plan should include proposals for setting up:
• A Common Market for Africa
• An African currency
• African Monetary Zone
• African Central Bank, and
• Continental Communications System;
3. A Commission to draw up details for a Common Foreign Policy and Diplomacy;
4. A Commission to produce plans for a Common System of Defence;
5. A Commission to make proposals for Common African Citizenship.
These Commissions will report to the Committee of Foreign Ministers who should in turn submit within six months of this Conference their recommendations to the Praesidium. The Praesidium meeting in Conference at the Union Headquarters will consider and approve the recommendations of the Committee of Foreign Ministers.

In order to provide funds immediately for the work of the permanent officials and experts of the Headquarters of the Union, I suggest that a special Committed be set up now to work a budget for this.

Your Excellences, with these steps, I submit, we shall be irrevocably committed to the road which will bring us to a Union Government of Africa. Only a united Africa with central political direction can successfully give effective material and moral support to our Freedom Fighters in Southern Rhodesia, Angola, Mozambique, South-West Africa, Bechuanaland, Swaziland, Basutoland, Portuguese Guinea, etc., and of course South Africa.

Jean Pliya, L’arbre fétiche

Jean Pliya, L’arbre fétiche

– Chef, ne vous étonnez pas de notre démarche, dit le porte-parole. Mes camarades et moi désirons savoir ce que nous ferons de cet arbre.

– Pourquoi cette question? S’étonna le fonctionnaire municipal. Connaissez-vous un exemple d’arbre installé en pleine chaussée et qu’on ait épargné? Notre tâche, dans le cadre du plan d’urbanisation, est d’ouvrir de belles rues droites, nettes, et pour cela de défricher, de couper, de dessoucher afin que plus tard il soit possible de goudronner.

– Mais nos outils ne peuvent convenir à une telle besogne! Nous ne possédons ni scie, ni hache, mais rien que des coupe-coupe!

– Ça par exemple! S’exclama M. Lanta. Est-ce la première fois qu’on vous demande d’abattre un arbre?

– Non, chef, mais dans les autres cas, il s’agissait d’arbrisseaux ou tout au plus d’arbustes. Nous n’avons jamais eu à couper un arbre de cette taille. Nos camarades nous envoient pour vous dire qu’en l’occurrence, il s’agit d’un iroko, un arbre fétiche, et qu’il y aurait un grave danger à s’y attaquer.

– Allons, pas d’histoires, fainéants! Continuez votre travail sans vaine considération. Puisque vous vous plaignez de ne pas avoir les outils nécessaires, contentez-vous de déblayer les alentours. Demain, nous vous fournirons des haches et des scies.

Quand la délégation, résignée, s’en retourna et transmit cette réponse, ce fut la consternation dans le groupe de prisonniers. Les visages luisants de sueur, où étaient collés des brins d’herbe verte et de fines graines, se renfrognèrent.

Tout en murmurant, ils se mirent mollement à l’ouvrage. Leur allure ralentissait à mesure qu’ils approchaient de l’arbre. M. Lanta qui n’avait cessé de les observer depuis leur démarche insolite, fut intrigué. Il se leva, rejoignit les travailleurs et interrogea le garde Anatole. Celui-ci ne paraissait guère plus rassuré que les prisonniers. Quand son chef lui demanda d’expliquer leur attitude, il se déchargea prudemment sur le meneur, celui qui dans l’équipe, paraissait jouir d’une autorité certaine.

– Cet homme, dit-il, en désignant un vieux prisonnier, prétend que l’arbre que voilà est sacré et qu’il est interdit d’en couper la moindre branche. Il a dû monter la tête à ses camarades.

De fait, tous les prisonniers semblaient maintenant décidés à ne pas s’exécuter. Réprimandes, menaces de sanctions, rien n’y fit. M. Lanta préféra user de persuasion pour éclairer cette énigme. Il prit à part l’accusé qui s’appelait Mèhou, vieil homme dont les cheveux gris comme du kapok frisaient curieusement en forme de billes. Son visage frappait par l’ampleur du front et l’acuité du regard.

Tandis que les autres continuaient sans enthousiasme leur travail. M. Lanta et Mèhou s’éloignèrent à la distance d’un jet de pierre environ.

– Eh bien! Commença l’employé municipal, quelle fable propages-tu pour décourager tes camarades? Nous ne pouvons tolérer les défaitistes ni les mauvaises têtes. La réglementation est particulièrement sévère en cette matière. Qu’as-tu à répondre?

Chef, répondit Mèhou en se tenant respectueusement à distance, tête baissée, les doigts noués dans le dos pour se donner une contenance, il ne s’agit pas d’une fable. Je suis né à Abomey, avant que le roi Gbêhanzin se rendît et ne fût déporté dans le pays des Blancs. Fils d’un grand chef féticheur, je me vante de connaître l’histoire des bois sacrés qui abritaient autrefois les couvents. Du temps des rois notre région était couverte de forêts d’irokos. Nul n’avait le droit de toucher à cet arbre fétiche, sous peine de lourdes représailles. Mais depuis quelque temps on a commencé à le couper pour faire des chaises, des tables, des portes. Aujourd’hui, il en reste bien peu. Les arbres qui ont échappé à la hache en sont devenu plus précieux. Nos sorciers les choisissent comme siège de leur sabbat nocturne. Toute offrande faite à une divinité est déposée au pied d’un iroko ou à une croisée de chemins, afin que les effets se propagent aux quatre vents. Il est dangereux de se moquer des sorciers. Pour vivre en paix, en bonne santé et travailler sans difficulté, il faut rechercher leur protection. L’iroko que vous ordonnez de couper a une histoire que vous devez savoir. Le roi Tégbessou aurait été, à plusieurs reprises, sauvé par un oiseau qui habitait dans cet arbre et qui lui signalait, en période de guerre, les ruses de ses ennemis Zâ. En mémoire des services éminents rendus au royaume de Danhomè, il a toujours été respecté. C’est pourquoi nous devrions l’épargner. Si vous vous en approchez, vous verrez qu’en partie inférieure le tronc est creux. Là serait le repaire d’un serpent qui veille sur l’arbre et auquel tout homme menacé de sortilège peut sacrifier pour être guéri. Sans même la présence du serpent, cet iroko est un fétiche redoutable. Pardonnez-nous si nous hésitons à encourir sa vengeance.

Un peu exaspéré par la longueur des explications du vieux, M. Lanta paraissait sceptique. Il souriait ironiquement en écoutant ces contes d’un autre âge. Ce n’était point la première fois que des gens bien intentionnés lui recommandaient de respecter tel fétiche ou de se protéger contre les sorciers. En son for intérieur, il se demandait comment on pouvait s’inquiéter de ces histoires peu convaincantes.

– Tout cela est bien beau, dit-il, mais difficilement vérifiable. En plein XXe siècle, nous ne pouvons plus croire aux fétiches. Sans quoi, malgré notre indépendance, nous n’édifierons jamais une nation moderne et civilisée. Nous devons abattre cet arbre pour cause d’utilité publique, et rien ne nous arrêtera. Il faut donner à la ville d’Abomey un aspect neuf et moderne.

Jean Pliya, L’arbre fétiche, Clé, Yaoundé, 1971.

Invité anonyme aux initiales de MBIM, message diffusé sur Whatsapp

Invité anonyme aux initiales de MBIM, message diffusé sur Whatsapp

Nous commençons l’année avec un invité anonyme qui n’a laissé que ces initiales: MBIM et dont le message a circulé sur le réseau Whatsapp. Je le partage ici pour une plus grande diffusion tant le contenu met en perspective les efforts indispensables que nous devons accepter d’entreprendre pour relever les nombreux défis du continent et jouir enfin d’une autonomie et d’une liberté légitime acquise par le combat de tous…
“Emmanuel, Dieu, est avec nous!”

A méditer

Quand Sekou Toure déclenche l’abandon de la France.

Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnées.

Le but de cet acte scandaleux était bien évidemment, d’envoyer un message clair à toutes les autres colonies sur les conséquences du rejet de la France.

Le fait est que peu à peu, la peur s’empara des élites africaines, et après ces événements aucun autre pays ne trouva jamais le courage de suivre l’exemple de Sékou Touré, dont le slogan était “Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”.

Pour les pays nouvellement indépendants il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonial proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA ( franc des colonies françaises d’Afrique ), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après qu’il a commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modibo Keita, le premier président de la République du Mali , décida également de se retirer du système monétaire FCFA ( imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants ).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme Olympio, Keita sera victime d’ un coup d’état mené par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaires anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus :

Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta, aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup d’état porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’État contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait , au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61 % des coups d’États en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré :

« Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de vingt-troisième puissance [ du monde ] “

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand avait déjà prophétisé en 1957 que : « Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle”

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale à la France. Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état . Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’État. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré : « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. “

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier” pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

1 . La dette coloniale pour les avantages de la colonisation française

Les pays nouvellement « indépendants » doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961 : Bénin, Burkina Faso, Guinée- Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo -Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est géré par le Trésor français, sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65 % de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politique monétaire propre. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenue par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajoutés à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements, ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. ” écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques , la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve . Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français.

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturelle découverte dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement en cas de refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marchés étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offre financière ailleurs n’est pas pris en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourri des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfert du pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui , monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créée. Appelée « Francophonie » qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

9 . Obligation d’envoyer en France le rapport annuel du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétariat des banques centrales des ex- colonies, et le secrétariat de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies sont assurés par la France banque centrale / Trésor.

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliances militaires inter-etats. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux ! ).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les garde bien de le faire.

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France ” à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelées dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires ” qui répandent la crainte de l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre des Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous qu’il revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes ?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question : « Jusqu’à quand ?“

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 ( près d’un siècle et demi ) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années !

Combien de temps les Africains doivent-ils encore attendre pour mettre fin à ce grand vol organisé et esclavage organisés depuis plusieurs siècles

Prière assurer une large diffusion.

MBIM.

Shaykh Nazim Adil Al-Haqqani, In the Mystic Footsteps of Saints:2

Shaykh Nazim Adil Al-Haqqani, In the Mystic Footsteps of Saints:2

The next morning Grandshaykh called her in for breakfast, and after the meal we sat for an association. What Grandshaykh said on that occasion is very important, and I have been ordered to relate it to you now, as an excellent instruction for our brothers and sisters on how to treat newcomers. Particularly our brothers who were raised as Muslims in Muslim countries must heed this lesson if they propose to teach Western people about Islam.

Grandshaykh ordered me to tell her the following: “Oh Nazim Effendi, last night in the private assembly of the Holy Prophet I asked him, peace be upon him, ‘Oh Prophet of Allah, this elderly woman from your nation has come to me and entered Islam. What shall I instruct her to do, what shall I teach her, being that she is so old and cannot remain here with us a long time?’

“The Holy Prophet, peace be upon him, replied: ‘Instruct her and all others from my nation who may embrace the faith but may not perhaps, be able to alter their situations so easily, on the following three points: firstly, let them repeat the Kalimat ash Shahada (the profession of faith) three times a day, saying: ‘Oh my Lord, I accept Thee alone as God, and I accept Muhammad as Your Prophet and Representative.’ The second point is for them to learn the five prayer periods: dawn, noon, afternoon, evening and night; and to give their respects to their Lord in those appointed times by prostrating themselves to the ground once, facing any direction, and saying, ‘Subhanallah’ (glorified be God Almighty). And if it is too difficult for them to learn this phrase it is sufficient to only prostrate.

That is enough for this lady and for others in similar situations. This practice is a seed being planted in her heart, and as it sprouts and grows she may be inspired to learn more of the ritual prayer, but in the beginning it is enough for her just to prostrate.What could be simpler and easier: no directional orientation, no ablution, no recitation.

Thirdly, she and all new Muslims should keep love in their hearts towards the community of Muslims and not allow themselves to hate them, in spite of their bad actions and characteristics. Tell them to overlook the shortcomings of the people and peoples of my nation and try to love them despite their pathetic state. Even if Muslims do bad actions under the banner of Islam, Islam is always above this, innocent of the blame. To try and use the name of Islam to attain one’s selfish ends is the greatest sin, and Islam disclaims responsibility for such people’.”

These are the three points our grandshaykh related from his meeting with the Holy Prophet, and these conditions are so wide that thousands and thousands of people may enter Islam and fulfill them, becoming sincere servants of the Lord.

Now, no doubt, many Muslims who are reading this will say, “What, shall we believe that the Holy Prophet has declared it to be so easy to become Allah’s obedient servant, when our Islamic Law spells out so many different types of obligatory worship and prohibitions which we are meticulously observing?”

Oh Muslims! Do not imagine that Allah Almighty is waiting for your prayers, your fasting, your covering your heads or your dressing in Islamic clothes! No! Allah Almighty is looking to your hearts to see if they contain an atom’s weight of sincerity, and only if He finds that sincerity does He accept anything from you! None of your actions are, of themselves, pleasing to your Lord if they are not motivated by sincere intentions.

The heart of that old woman who came to Damascus may have been full of sincerity, so that her performance of these simple devotions may have been more acceptable in the Divine Presence than my prayers. Yes, that is all there is to it and it is enough for you to now know how to relay the message of servanthood of Allah Almighty to Western people.

Shaykh Nazim Adil Al-Haqqani, In the Mystic Footsteps of Saints:2, Available on Amazon

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