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Le Nain à la tête d’argile

Le Nain à la tête d’argile

Il parait que les ancêtres de mon village racontaient cette parabole en tenant leur calebasse remplie de vin de palme :

Qui diriez-vous chers fils et filles de ce Nain qui se sentait malheureux dans sa vie? Il avait tout reçu dans la vie pour se transcender un destin unique. Ses pieds larges comme des tapis de prière restaient accrochés à la réalité pour résister à tous les pièges de la Voie. Son ventre bien rempli contenait une force vitale et raisonnable. Ses bras forts et agiles lui procuraient les fruits du plaisir et l’effort dans le devoir. Il était fier de sa taille qui était pratique pour rester discret, calme et ne pas trop trébucher dans les intrigues des Hommes. Elle était sa grande richesse et sa bénédiction. Il vivait beaucoup de béatitude et de félicité mais il se plaignait de sa tête en argile qui le trahissait à chaque intempérie de la vie en laissant couler son attitude loin de la Correction. Il souhaitait s’abandonner à la chaleur providentielle du Soleil et renforcer son état Présence pour fortifier sa confiance en lui et en Dieu. Hélas, son peu de conscience et de consistance affleurait à chaque goutte d’eau remplie d’illusions menaçantes. Sa vie s’enlisait et le temps glissait sous lui au gré des ondées. Il pria le Ciel de le délivrer de ce blocage qui l’empêchait d’être parfait. Le Grand Potier vint de nuit le visiter et lui dit : « Je veux bien t’aider à retrouver un équilibre que tu devras entretenir. Tu peux choisir entre une coiffe pour couvrir ta tête de sa faiblesse mais tu en seras dépendant à vie. Je peux aussi t’offrir de te donner une tête de chair mais tu devras grandir et être vu aux yeux des Hommes et vivre les peines du Monde. Que choisis-tu?

– Je préfère sacrifier ma taille dont je suis si fier et me contenter d’une vie de tumulte avilissant, déclara-t-il au Grand Potier.

– Dans ce cas je te donne une tête de chair. Tu resteras nain mais tu auras un cœur d’argile pour apprendre à vivre pleinement les souffrances des Hommes sans perfection.»

Le nain au cœur d’argile se mit alors à grandir en sagesse et en amour heureux qu’il était d’avoir une tête de chair. Il restait simple dans la Tradition du soi et la Loi. Sa renommée et son héritage grandissaient malgré lui et les Hommes en vinrent à dire entre eux « Vraiment ce nain est un grand sage au grand cœur dans un corps de grand Homme »

Les ancêtres nous laissent en écrivant cette maxime sur le sol de leurs pas sages : « Il n’y a pas meilleur moyen pour transcender sa vie que de vivre selon les capacités et le capital de son corps »

Le Guerrier et l’Enfant

Le Guerrier et l’Enfant

Le Guerrier et l’Enfant

Il était une fois un guerrier dans la fleur de l’âge, soldat d’élite, combattant pour le Roi de la Terre noire. Ce guerrier était un géant et vivait dans une soumission absolue au Roi. Il mesurait en effet environ 3 verges et était l’un des meilleurs au combat. Très habile de son sabre et à l’aise dans son armure, il était souvent envoyé pour des missions et exécutions ciblées pour aider l’avancée de toute l’armée. Il y avait cependant quelque chose qui troublait tous ceux qui le rencontraient : il y avait un enfant qui le suivait partout. Cet enfant réputé très aimant et fuyant toute idée de mort, ne voulait pas cependant quitter le Guerrier en qui, seul, il mettait sa confiance. Pendant les combats il s’attachait au dos du guerrier et fermait les yeux le temps que l’adversaire soi terrassé. Inutile d’essayer de lui faire entendre raison. (more…)

Les Cell. de la Terre

Les Cell. de la Terre

Les Cell. de la Terre

D’yeux, un dirigeant d’entreprise donna à ces quatre types d’employés de couleur un moyen de communication privilégié avec lui. Au commercial Jaune il autorisa le téléphone pour l’entendre, au financier Rouge le service postal pour le lire, à l’entrepreneur Noir l’Internet pour qu’il soit connecté et au consultant Blanc la rencontre en personne pour lui parler. Au début chacun usa de son mode de communication de façon indépendante jusqu’au jour où vint une crise financière et que l’avenir économique de l’entreprise imposa de redoubler d’effort pour éviter la fermeture. Aux abois, chacun tenta d’imposer son mode de communication à l’autre pensant que l’information circulerait mieux pour la bonne marche de l’entreprise. Personne ne pensa à adapter les messages à son médium; (more…)

Le tapis

Le tapis

Le tapis

D’yeux avait deux pupilles de son état qui lui permettaient de juger son point de vue. Un jour il décida d’aller à son atelier fabriquer un miroir en laissant la Calebasse où il vivait à la garde des deux mineurs. Il leur confia à chacun un tapis en peaux-pierre d’un blanc parfait en les exhortant à prier pour qu’il ne manque pas de Lumière pendant qu’il réfléchirait. L’ainé qui était de la nature des Djinns dit à son cousin Homme « Allons donc nous promener dans le jardin ». Une fois-là l’ainé dit encore à son cousin Homme « Descends donc dans le puits pour y recueillir de l’eau pour que nous arrosions les plantes. Vois-tu, je porte des chaussures et je ne suis pas aussi habile que toi qui est pieds nu ». L’Homme travaillait dur pour arroser les arbres fruitiers tandis que le Djinn (more…)

La Crinière

La Crinière

La Crinière

Un jeune lion impétueux avait pour coutume de semer le trouble dans les communautés d’animaux en les poursuivant à tout bout de champs. Un jour un vieux Singe s’approcha du Lion pendant son sommeil et lui rasa la crinière. A son réveil le Lion fut désemparé et honteux de son aspect. Il se retira de sa propre tribu et erra, solitaire, dans la savane. Il trouva le vieux singe sur un arbre isolé et décida d’attendre là pour se venger de lui. Il attendit, attendit et attendit encore que le singe descende. Un beau jour le Singe l’interpella « Sir Lion pourquoi m’en veux-tu encore? Ne vois-tu pas que je t’ai rendu ta crinière? Ne sommes-nous pas quitte ». En effet la crinière du Lion avait totalement repoussé pendant son attente. Le lion à nouveaux fier et heureux médita alors ces paroles du vieux Singe « La patience est préférable à la vengeance. C’est à ce prix que s’apprend le pardon ».

Le chaudron de noix de palme

Le chaudron de noix de palme

Le chaudron de noix de palme

Dans le creux d’un arbre de la forêt de Savè vivait une grande famille d’écureuils bruns peu doué en sport. Un jour, la Mère décida de préparer un plat pour redonner du tonus aux membres de sa famille. Elle alla au marché et ramena un régime de noix de palme qu’elle égrena et fit cuire pour en faire une sauce épaisse. Ayant finit l’étape de la première cuisson elle laissa le chaudron plein de noix et monta se reposer dans le tronc avant l’épuisant exercice de pilage des noix au mortier. Elle obtiendrait ainsi du jus et de l’huile pour sa sauce.

Pendant son sommeil, le Mari pris d’une fringale saisit quelques noix et s’en alla en se disant : « J’ai vu combien il y en avait, j’en ai pris qu’une partie, je pense aux autres, j’en laisse ». Puis vint l’Ainé qui puisa discrètement dans le chaudron en disant : « J’ai vu combien il y en avait, j’en ai pris qu’un peu, je pense aux autres, j’en laisse. » Ainsi de suite jusqu’au Dernier de la famille qui laissa une dernière noix dans le chaudron.

Quand la Mère se réveilla pour piler les noix, elle ne trouva qu’une seule noix dans le chaudron. Elle rassembla la famille et demanda qui avait pris les noix dans le chaudron. Les uns après les autres les coupables se justifièrent : « Quand j’ai vu, il y en avait assez. Je n’ai pris qu’un peu et j’ai pensé aux autres. J’en ai laissé. »

La mère poussa un grand soupir de découragement et leur demanda « Vous avez tous pensé aux autres mais il y a-t-il une personne qui a pensé à vous tous privé de sauce ce soir par vos actes isolés? » Là-dessus elle prit la dernière noix et conclut « Ce n’est pas parce que l’acte isolé est insignifiant pour la communauté que la conséquence sur celle-ci l’est aussi. »

La Mouche et le vieux Mourid

La Mouche et le vieux Mourid

La Mouche et le vieux Mourid

Dans la décharge de Mindoubé, on raconte qu’une mouche citadine s’était un jour trouvée bloquée dans la maison d’un vieux Mouride. Elle avait fini comme à l’accoutumée de faire le tour des poubelles du voisinage quand elle se sentit attirée par la fraicheur qui se dégageait de la maison du Mouride.

Elle y entra par la porte arrière qui était entrebâillée. Elle vit le vieux Mouride recevoir un enseignement de la part de son maître Soufi. La fraicheur de la sagesse transmise emplissait tout l’espace.

Hélas le temps se dégrada et un coup de vent claqua la porte. Après avoir écouté l’enseignement lumineux du maître Soufi, elle ne put retrouver son chemin car toutes les issues étaient fermées. Elle passa un long moment à buter sur les parois des vitres et sur les lampes.

Le soir venu, elle n’était toujours pas libre mais lasse de son combat. Le vieux Mouride pris de compassion pour l’insecte éteignit toutes les lampes à l’intérieur de son foyer et en alluma une dehors. Il ouvrit grandement la porte arrière et attendit que la mouche retrouve ses repères.

Effectivement, celle-ci vit au loin la lampe luire et sentit l’odeur familière des poubelles. Elle fonça dessus ne suivant que son instinct et, ce faisant, elle quitta le domicile du vieux Mouride qui était devenu sa prison involontaire.

« Alhamdulillah! S’écria le vieux Mouride. Puisse Allah avoir également miséricorde sur nous et qu’il éteigne les lumières illusoire de ce monde où nous vivons afin que nous quittions les prisons et les voiles de l’Ego pour voguer vers la sainte Lumière. »

Sous l’arbre du pâle Labeur

Sous l’arbre du pâle Labeur

Sous l’arbre du pâle Labeur

Les grands et très grands chefs vivants au dessus du reste de leur corps, se réunirent en grande pompe autour du vieux Baobab qui les avait tous vu naitre et perdre la tête. Le moment était grave et le problème sérieux : où trouver assez à manger pour eux et pour les constants invités ?

Les greniers étaient presque vides, les parents des invités n’envoyaient plus la pension aussi souvent, le maïs plantés ne produisait plus aussi vite et les graines rebelles, échappées au gré du vent, ne revenaient plus se poser sur le sol pour y germer; enrichies. C’était dur !

Ils avaient bien essayé de changer d’invités. Les nouveaux contribuaient (more…)

L’odeur des pensées

L’odeur des pensées

L’odeur des pensées

Un vieux sage avait l’habitude de méditer près d’un fumier. Un voyageur passant par là lui demanda « pourquoi méditez-vous près de ce fumier? » Lentement le vieil homme sourit et répondit « je respire le parfum des roses alentour ». Le voyageur indigné insista « l’odeur ne vous gène-t-elle pas? » Le vieil homme sans quitter son sourire lui dit « Mieux vaut ne pas penser à un fumier qu’avoir un fumier en guise de pensées. » Là dessus il se tut et reprit sa méditation.

Le Messager

Le Messager

Le Messager

Un Messager du Souffle Suprême arriva sur la Terre pour y séjourner dans l’air du temps.

Par une brise légère, il s’échoua sur le rivage de l’enfance humaine innocente dans sa cruauté touchante. Les doux bambins tentèrent alors de l’attraper et de l’enfermer pour en faire un ballot dans leurs jeux de découverte du monde.

Échappant par la bouche de leurs fantaisies louches, il se réfugia chez les adolescents se languissant d’expériences interdites et d’identités empruntées. Allant vers du décors, et non vers la pleine source de leur origine, ils s’éloignaient de leur cellule où le sang perdait dès lors de son écarlate rayonnement. Le souffle court, le Messager dû refuser de se faire l’hôte de cette cellulose humaine ôtée de sa sève pure et vivifiante.

« Il n’y a pas d’Amour sans Feu », se dit-il et cherchant dans l’Amour ce qu’Il avait quitté en venant dans cette ère. Il fut embrasé par divers feux et manqua même d’oxygène. Bien malgré lui il se consumait à leur vue, voyant en leurs cœurs le siège de sa Béatitude, il dû se contenter hélas que de poumons rejetant un gaz artificiel car bionique voire narcotique. Ces feux de cœurs brulant à s’époumoner pour des valeurs fausses faites d’effluves stéréotypés ou modélisés, de brouillards givrant la spontanéité et la Providence, en fumées aveuglantes et éphémères.

N’y voyant plus rien de ce sens, le Messager ne put que craindre pour son Essence. Finir en encens dans une pratique culte ou dans un cocon « in » qui mélange universel et traditions « extradées » selon la force des bourses «d’immondialisation ». Le Souffle qui avait animé le néant jadis, s’expulsait des Palais chargé d’invectives ou des narines pour servir d’attention à l’esprit insatisfait de sa liberté de voyager et de fuir le conformisme.

De dépit, ne comprenant plus ce Monde où le Naturel était tant hors la loi, il supplia le Souffle Suprême de le ramener dans son immensité bienfaisante. Nul ne peut aspirer au Souffle si celui-ci ne s’est offert au Soupir divin. Mais voilà Dieu patiente encore et retient son Souffle avant l’extinction de la poudre du Temps.

Le Messager, dans la douleur mais l’acceptation humble de sa condition d’exilé inadapté aux murs de sa prison « temps-horaire », chercha l’isolement et la vie intérieure où résonnent les battements justes et bons d’un Amour offert librement. Il trouva alors une Calebasse près d’un lac « à Aimer ». Mais un jour que la jeune Hessivi se promenait près de ce lac, un être réel se fit messager d’une vie qui s’oublie sous le poids du besoin quotidien de réalisation hâtive et provisoire. Le récit qu’il lui fit invite ici les Hommes à reprendre conscience de leur nature profonde et originelle, de la Simplicité et de l’Abandon à un Amour qui nécessite ni force de sédition ni combat de séduction. La Vérité de l’Intuition et de l’Intention produisant un fruit reconnaissant pour la Graine mue puis sacrifiée

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