Guy V. Amou, Les racines du Bonkul rêvent de silence

Vieillesse

Je me suis surpris
Récemment à remuer
Les lèvres sur des mots muets.
Me voici donc affublé
A mon tour de ce tri égoïste
Qui, jadis, nous inspirait
De brusques envies de déserter
Le voisinage troublant des vieillards.
Ainsi, plus le regard acquiert
De science, moins la langue
Obéit à la démangeaison
Des causes défendables.
Plus les harmattans se bousculent
Dans le grenier de la mémoire,
Mieux la gorge découvre
La volupté des souffles contenus.
Je nais au silence fébrile.
Je suis détachement espiègle.
J’aborde au rivage des sonorités
Proscrites aux bouches
Mortes aux soifs excessifs.

Guy V. Amou, Les racines du bonkul rêvent de silence, Les Éditions GRENIER 2010

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